Monsieur Jean-Dominique Michel est-il un « anthropologue des sciences » ou un simple blogueur ?


Sur son blog et dans des interviews, un certain Jean-Dominique Michel, de Genève, publie depuis début mars des articles très partagés sur les réseaux sociaux suisses et européens, en particulier par certains de mes amis de gauche.

J’ai pris le temps, fastidieux, de lire tous ses récents textes depuis le 2 mars. Par son activité qu’il qualifie d' »anthropologique » et certaines de ses opinions, Jean-Dominique Michel pourrait susciter l’adhésion. Mais son « coronascepticisme » s’accompagne de stigmatisations du monde scientifique et des gouvernants. Souvent fumeux ou exagéré, il propose trop des réflexions philosophiques peu rigoureuses. À l’image de marginaux incompris, avec son narcissisme exacerbé, il se sent victimisé.

Il existe une version réduite de l’article que vous allez lire.

Comme l’écrivait récemment François Chérix,  » il ne faut jamais parier sur la sagesse de son pays, mais combattre chaque jour les populistes et ne rien laisser passer ! Travail de Sisyphe? Certes, mais «il faut imaginer Sisyphe heureux» (Camus) « . Les écrits de Monsieur Michel se trouvent ainsi largement partagés par la fachosphère francophone, je l’ai personnellement expérimenté ces derniers jours, avec un certain F.R. dont je cache volontairement le pseudonyme.

J’ai eu en son temps, l’habitude de me confronter en politique au facilisme. Dans un pays libre où règne la liberté d’expression, chacun, moyennant le respect des personnes et des minorités, a le droit de proposer des points de vue. M. Michel, dans ce sens, est respectueux des lois suisses et son audience peut le réjouir. Il n’est pas de la mouvance extrémiste, incarnée cette semaine par l’ancien juge UDC Jean-Luc Addor, condamné pour discrimination raciale. Le paradoxe de Karl Popper ne s’applique donc pas à lui : « Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. »

 

1. Formation

Jean-Dominique Michel se présente comme « anthropologue médical et expert en santé publique, Genève ».  C’est sur son profil Linkedin qu’on découvre son CV.

Le site Menace-théoriste.fr l’a décortiqué pour démontrer que JDM est « un parfait exemple de: -la confusion entre expert/politique et sciences. – des barrières floues entre privé et académique. – de l’utilisation de la caution académique pour des activités privées. » (Sylvie Vuilloud).

  • 1987 Certificat en études théâtrales
  • 1988 Certificat en études cinématographiques
  • 1991 Brevet d’Instructeur suisse de ski et patente vaudoise de Maître de ski
  • 1992 Certificat en anthropologie
  • 1994 B.A. en Arts et Sciences. Université de Montréal, Québec
  • 1994 Certificat en ethnolinguistique – Psycho-Physics Academy, Londres
  • 1995 Master en anthropologie Psycho-Physics Academy, Londres
  • 2006 Formation en bio-généalogie Esclarmonde, Genève
  • 2011 Diplôme de praticien en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
  • 2013 Diplôme de formateur en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
  • 2016 (en cours) Licence en théologie et sciences religieuses Université dominicaine internationale et Université de Lorraine
  • 2016 Diplôme de formation en R.E.M.A.S. (reprogrammation émotionnelle par les mouvements alternés et la sophrologie) MD Consultation Institution de Santé (Genève) Technique développée dans la continuité de l’EMDR, permettant de traiter les états de stress post-traumatique et les perturbations émotionnelles récurrentes. D’autres domaines d’indications pertinents sont la gestion de l’anxiété et du stress ainsi que la préparation mentale.

 

Sur son blog,il fait une liste à la Leporello de ses interventions et mandats sans mentionner clairement sa formation académique ou ses publications scientifiques.

Interventions et mandats institutionnels :

Organisation Mondiale de la Santé, Genève
Bureau International du Travail, Genève
Association Internationale de Psychiatrie, Genève
Institut International des Droits de l’Enfant, Genève
AMADES – anthropologie médicale appliquée au développement et à la santé, Paris et Montréal

Office Fédéral de la Santé Publique, Berne
Promotionsantésuisse, Lausanne
Addiction Suisse, Lausanne

Direction générale de la santé du Canton de Genève
Service de la santé publique du Canton de Vaud
Hospice Général, Genève
Service de Protection des Mineurs, Genève
Service de santé de la jeunesse et de l’enfance, Genève
Fondation de soins et d’aide à domicile, Genève
Quai 9, Genève
Bureau Central d’Aide Sociale, Genève
Musée d’Ethnographie de Genève
Fondation Trajets, Genève
Fondation Vaudoise contre l’Alcoolisme, Lausanne
Fondation du Levant, Lausanne
Fondation Les Oliviers, Lausanne
Groupement romand d’études sur les addictions, Yverdon
Association romande des tuteurs officiels
Société romande de psychiatrie sociale

Ministère de la Santé, France
Réseau DAPSA, Paris
Forum mondial « Drogues et dépendances », Montréal

Clients corporate :

Radio Télévision Suisse
Groupe Canal Plus
Hôpitaux Universitaires de Genève
Groupe Accor
Groupe Minôtel
Groupe Lucien-Barrière
Groupe Moliflor
Groupe Partouche
Banques privées, Genève
Cité des Sciences et de l’Industrie de la Vilette, Paris
Forum 104, Paris
INREES, Paris
TETRA, Bruxelles

Présences médias :

Radio Télévision Suisse (consultant à l’émission économique TTC)
France 2
France 5
Canal Plus
Direct 8
France-Inter
L’Hebdo
Le Temps
Le Matin
La Tribune de Genève
La Presse (Montréal)
Paris-Match
Elle
Revue Arts & Cutures
Savoirs
Inexploré
Nexus
Dépendances
etc…

Mandats et charges denseignement :

Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), Genève,master en santé publique
Université de Neuchâtel, diplôme en travail social
Université de Montréal, faculté de l’éducation permanente
Université de Genève, faculté de médecine
Université de Lausanne, département d’anthropologie et de sociologie
Université de Lausanne et EPFL, Certificate of Advanced Studies : Santé, médecine et spiritualité
Université de Fribourg et Haute école de gestion de Neuchâtel, Certificate of Advanced Studies
Haute Ecole de Santé (Lausanne), San Diego State University (USA), College of Nursing Coimbatore (Inde), Jiangnan University & PolyU, Hong Kong (Chine), Summer University Nursing
HES – SO, master of advanced studies en action et politiques sociales
Institut d’Etudes Sociales, Genève
Ecole d’Etudes Sociales et Pédagogiques, Lausanne
Haute Ecole Santé Social, Givisiez, Fribourg
Ecole de soins infirmiers Bois-Cerf, Lausanne
Fédération romande des organismes de formation dans le domaine des dépendances, Yverdon
CSFO, Centre suisse de Formation et orientation professionnelle, universitaire et de carrière, Berne
Centre de formation des Hôpitaux Universitaires de Genève

Le 12 mars, il précise que son « domaine d’expertise, l’anthropologie médicale, consiste à analyser de manière scientifique les pratiques de soins et les dispositifs de santé publique. Ce que je fais depuis plus de 30 ans et m’a valu d’être invité à enseigner dans une quinzaine de programmes universitaires et de Hautes écoles en santé.« 

Le 22 mars peu lui importe « d’être pris à partie sur ce que j’avance ou que mes textes soient censurés. Les billets que je publie ne constituent pas des publications scientifiques, ils s’inscrivent dans le cadre de l’approche compréhensive qui est courante dans mon domaine de spécialisation. Je me base par ailleurs sur plus de 30 ans d’expérience en santé publique, mettant en avant des connaissances de fond que tous les experts en santé publique un peu sérieux connaissent fort bien.« 

Le 5 avril, il annonce avoir souvent « été invité à partager mes travaux et le fruit de mes recherches, dans des cadres aussi prestigieux qu’on en peut rêver, avec la confiance bienveillante de sommités dans leurs domaines.  Comme le Pr Guy Dubreuil, fondateur du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal et pionnier de l’ethnopsychologie ; le Pr Luc Chabot, initiateur de programme de formation communautaires novateurs à l’Université de Montréal également ; le Pr Ilario Rossi, un des tous meilleurs anthropologues de la santé, à l’Université de Lausanne ; le Pr Jacques Hainard, directeur du Musée d’ethnographie de Genève ; le Pr François Ferrero, pionnier de la psychiatrie communautaire et sociale à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et ancien médecin-chef de la psychiatrie adulte ; le Pr Stéphane Rossini, référence académique en matière d’action et de politique sociale ; ou encore le Pr Jacques Besson, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Lausanne et un des grands pionniers mondiaux de la recherche sur les liens entre spiritualité et santé.  (…) De par mon métier et ma position, j’ai le privilège de beaucoup interagir et communiquer avec les pontes de la faculté. Parfois, c’est même sur le terrain que les liens se nouent.« 

Nous avons affaire ici à du name dropping (littéralement « lâcher de noms ») qui consiste à citer des noms connus, notamment de personnes, d’institutions, d’œuvres, de marques commerciales ou de titres d’ouvrage (on parle alors de « title dropping ») pour tenter d’impressionner ses interlocuteurs. 

Le 13 avril, il est profondément « impressionné par la résonance que trouvent les perspectives que je propose dans la population, auprès des soignants et même à travers le monde. Je le dis avec gratitude mais sans orgueil : plus d’un million et demie (sic) de lecteurs ont lu « Covid-19 : fin de partie ?! » (19 avril). Des milliers de message de soutien me sont parvenus de personnes qui se sont donné la peine de me remercier en m’exprimant combien mes analyses les avait aidé (sic) à penser, à mettre en perspective et à donner sens à la situation – en contraste bien sûr avec les discours politiques et médiatiques. Des centaines de médecins, généralistes et spécialistes, travaillant à l’hôpital ou en pratique privée, de professeurs, de chercheuses et chercheurs, d’infirmières et infirmiers, de psychologues et d’aide-soignants ont pareillement pris la peine de m’écrire. Pour me dire et partager avec moi à quel point ils n’en peuvent plus des mensonges et des hypocrisies qui pervertissent aujourd’hui massivement le système de santé. Des combines et des magouilles. De toute cette face sombre d’un monde qui trahit sa mission et ses valeurs, le sens de ses pratiques (sa face ô combien lumineuse) par une soumission tragique à des logiques criminelles -si vous en doutez, lisez les meilleures revues médicales : elles en parlent.« 

Comme l’a écrit de manière privée un des mes amis, professeur dans une université romande, « tout ce qu’il dit n’est pas faux évidemment, mais rien de ce qui est vrai dans son discours ne me semble neuf, et c’est surtout emmêlé dans beaucoup d’erreurs, et dans un cadrage général qui n’a rien à voir avec une analyse scientifique et est politiquement extrêmement inquiétant. Il se prétend anthropologue de la santé, alors qu’ (…) en fait ce n’est qu’un simle blogueur. »

Comme moi, qui n’ai jamais prétendu pour autant être un philosophe ! Ni même un thérapeute ou guérisseur, comme l’a été en 2015 M. Michel.

 

2. Pertinence

Plusieurs de ses constats ou remarques sont cependant pertinents.

Le 2 mars, date de son premier article sur le coronavirus sur son blog, il note que « le vrai problème, c’est que nous avons donné licence aux grands complexes industriels (agroalimentaire, pétrochimie, transports, pharmas) de prospérer en inondant le marché de produits qui endommagent ou détruisent la santé des gens.« 

Le 18 mars, dans un article au retentissement indéniable, il écrit : « Le confinement général constitue un pauvre pis-aller face à l’épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle. Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée,  Hong-Kong, Taiwan, Singapour et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple. (…) Les pays mentionnés ont mis à profit l’intelligence artificielle notamment pour identifier les chaînes de transmissions possibles pour chaque cas positifs (avec les smartphones, on peut par exemple faire l’inventaire des déplacements et donc des contacts que les personnes infectées ont eu avec d’autres personnes dans les 48h précédent l’apparition des symptômes) (…) Enfin, nous avons réduit de manière importante la capacité de nos hôpitaux au cours de la décennie écoulée et nous retrouvons (sic) en manque de lits de soins intensifs et de matériel de réanimation. Les statistiques montrent que les pays les plus touchés sont ceux qui ont réduit massivement les capacités des services de soins intensifs. »

Le 13 avril, il écrit aussi :  « Après, il y aura la question de l’impact sur notre modèle de société. On s’est aperçu depuis quelques semaines qu’on pouvait très bien vivre sans être accros au shopping et sans être complètement azimutés dans la machine à faire du fric (pour quelques-uns). La planète respire, il y a moins de pollution. La question est: «qu’allons-nous faire ensuite?» Allons-nous pouvoir tenir le cap pour réviser les choix de société qui ont été faits, verrouillant le non-durable et même l’intenable? OU serons-nous capables de plus d’intelligence et donc d’une remise en question fondamentale de certains de nos choix collectifs? (…) N’importe quel épidémiologue digne de ce nom vous confirmera que la différence dans ces taux de mortalité s’appréhende avant tout comme une conséquence directe des mauvaises décisions sanitaires, comme celle en particulier d’enfermer ensemble des porteurs contagieux et des personnes à risque. On a également vu à nouveau ici une démonstration de la différence entre les pays latins et les pays nordiques.« 

Bref, dans le monde de la gauche, ce type de critiques du système néolibéral est de bon aloi et pertinent sous certains aspects. Nous reviendrons plus bas sur la comparaison avec la Corée du Sud. De même que  Yvan Pandelé dans Bon pour la tête , soyons prudent. Si le propos de Michel n’est pas en soi dépourvu d’intérêt, il repose sur une rhétorique ambiguë et contient des inexactitudes qui invitent à la prudence« .

 

3. Le coronascepticisme

Par « coronascepticisme », j’entends définir toutes les positions qui visent à minimiser l’importance et les effets de la pandémie, assimilée dans le pire des cas à une simple grosse grippe. M. Michel ne va jusque-là mais fait partie de cette mouvance qui trouve même des adeptes chez un des membres de gauche du Grand Conseil neuchâtelois. De Trump à Bolsonaro, en passant par Philippe Leuba et Boris Johnson, on aura tout vu et tout entendu sur ce sujet.

Le 2 mars, ouverture du bal : « Alors oui, cloîtrons-nous à cause d’un banal virus ! (…) Ce coronavirus est bon pour la protection de l’environnement, pour la décroissance, pour le reflux des manifestations mercantiles et pour le constat que prendre des mesures protectrices de la santé est supportable. On aimerait que ces dernières soient prises face aux réels facteurs de dommages sanitaires, pas sur un épiphénomène infectieux.« 

Le 12 mars, second quadrille : « Les données dont nous disposons aujourd’hui, avec quelques semaines de recul, sont dans l’ensemble plutôt rassurantes. (…) L’épidémie en cours ne présente pas de danger pour l’immense majorité des gens. (…) Contrairement à ce qui est déclamé, le nouveau coronavirus semble montrer pour l’instant une virulence et une létalité comparables à celles de différents coronavirus déjà en circulation dans nos contrées.« 

Le 13 avril, la valse coronasceptique continue : « C’est cela qui est vraiment extraordinaire: nous sommes, de l’avis unanime des meilleurs spécialistes, dans un événement épidémique normal ! Il n’y a tout simplement pas plus de morts cette année que les autres années à cause des pathologies respiratoires habituelles, dont ce nouveau coronavirus (nous en avons déjà plusieurs en circulation parmi la dizaine de virus respiratoires saisonniers) ne sera qu’un xième virus en plus.« 

Mouvement final le 25 avril : « Rappelons-le : les travaux de l’équipe du Pr John Ioanndis de l’université de Stanford (sans doute définitifs, avec les quelques réserves d’usage lorsqu’on fait de la vraie science (sic)) ont confirmé ce que j’avais évalué et communiqué dès le 12 mars. A savoir que les chiffres avancés depuis le début de l’épidémie par l’OMS et les gouvernements étaient absolument faux et de beaucoup ! Et que l’épidémie de Sars-CoV-2 présente en réalité les mêmes valeurs en termes de contagion et de mortalité que les épidémies de grippe (influenza) que nous vivons chaque année. (…) Le Covid n’est certes pas une gripette, ce n’est pas non plus une grippe, mais son ampleur et sa gravité sont ni plus ni moins celles de la très banale et saisonnière grippe ! Et si l’on se penche sur le détail de la morbidité et de la létalité, on voit même que le Covid n’est pas plus dangereux ou problématique qu’une gripette pour 99% de la population, alors qu’il est aussi dangereux que la vraie grippe pour les personnes dont l’état de santé est déjà fragilisé.« 

Je laisserai mes lecteurs juger de la valeur scientifique de ces affirmations, contredites par la majorité des virologues et épidémiologistes. Et par les statistiques officielles de l’INSEE en France.

 

4. La girouette sur les autorités

La volatilité, sinon la schizophrénie, de M. Michel est particulièrement manifeste dans son rapport aux décisions des autorités et au fonctionnement démocratique en général.

Le 12 mars, en bon légitimiste, il considère que « les décisions prises par nos autorités sont dans l’ensemble raisonnablement proportionnées. Elles rappellent qu’il n’y a pas de lieu de paniquer, seulement d’être prudents. Elles jouent une partition compliquée mais essentielle : être suffisamment alarmistes pour mobiliser autour des justes messages de prévention, sans nourrir des peurs excessives.(…) Raison pour laquelle nous nous devons de suivre scrupuleusement les instructions des autorités. A chacun son métier -je n’aimerais pas exercer le leur.« 

Le 21 mars, même modération mais avec des excès typiques de la pensée faciliste : « Je l’ai dit : suivons scrupuleusement les instructions des autorités, même si la médiocrité de leur réponse à la pandémie en cours est à ce jour abyssale« .

Le lundi de Pâques 13 avril, aucune concession sur le fonctionnement des institutions démocratiques helvétiques :  « En Suisse, c’est plus compliqué. Nos commissions d’enquête parlementaires ressemblent habituellement plus à un carnotzet où l’on trinque en bonne intelligence (?!) en évitant de poser les questions qui fâchent. » Merci pour notamment nos quatre éluEs neuchâteloisEs de gauche au Parlement fédéral, Céline Vara, Fabien Fivaz, Denis de la Reussille et Baptiste Hurni !

Avec en prime, la finesse de l’humour bas, étonnant pour un anthropologue, pas étonnant pour un blogueur qui doit avoir le regard vissé sur le nombre de ses « vues » :  « Pour le reste, le Conseil fédéral a réagi comme au plus beau des années ’50 : «on sort le Cénovis et le Rivella du sac à dos, on appelle le 22 à Anières et on espère que quelqu’un répondra. Et si rien ne se passe, on réessayera demain.» C’est plan-plan et rassurant, mais on n’aura rien vu de l’agilité et de la réactivité requises, par exemple pour mettre sur pied le plus rapidement possible les tests de dépistage nécessaires, ou même accepter de Novartis les millions de doses d’hydroxychloroquine que la pharma se proposait de produire dans les meilleurs délais.« 

Comme on rit ! Ah ah ah !

 

5. La stigmatisation, le mépris défiant des élites, du monde scientifique et des gouvernants

Une des caractéristiques du populisme est celle-ci selon Wikipédia : « Dans son acception générale actuelle le mot populisme désigne une approche politique qui a tendance à opposer le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques. Le sentiment d’être exclu de l’exercice du pouvoir, même quand il a été élu démocratiquement, est à la base de cette attitude qui touche aussi bien des sensibilités politiques de droite que de gauche. Le populisme se réfère à un peuple qu’on estime exclu du pouvoir et non écouté par la démocratie représentative jugée coupée des réalités.« 

Ci-dessus, plus qu’un catalogue à la Leporello, c’est une logorrhée déversante de défiance à l’égard de tous les pouvoirs. À l’image des Abascal en Espagne, Salvini en Italie, Le Pen en France et d’une partie de l’extrême-gauche française et italienne.

5 mars :  « C’est ennuyeux : nos parlementaires, gouvernants et autorités de santé ne font pas ce qu’il faudrait pour protéger la population. Il faut bien mourir de quelque chose ? Sans doute, mais peut-être pas pour alimenter la voracité de groupes soudoyant au passage la démocratie avec des pratiques systémiques de corruption institutionnelle inspirées de celles inventées alors par l’industrie du tabac.« 

21 mars : « Les centaines de messages que j’ai reçus de mes lecteurs revendiquent avec fermeté, responsabilité et dignité que l’on parle vrai au sujet de ce qui arrive. Ce qu’hélas ni les autorités ni les médias ni même la plupart des sommités médicales ne savent plus très bien faire depuis longtemps.« 

5 avril :  « En France comme en Suisse, les autorités politiques et sanitaires ont aujourd’hui du sang sur les mains, avec en l’occurrence des centaines de morts sur la conscience. (même discours que Santiago Abascal, du parti fasciste Vox en Espagne !) Des personnes qui ne seraient pour la quasi-totalité d’entre elles pas mortes si on les avait traitées à temps. Au lieu de les laisser atteindre des états désespérés, ceci alors même que nous disposons d’un traitement efficace, sans danger lorsqu’il donné par un médecin, qui fait baisser la charge virale en quelques jours. Nous reviendrons sur le « yaka donner de la chloroquine » de Monsieur Michel, défenseur sans nuances du docteur Raoult.

9 avril  : « La seule chose qui ait bien fonctionné dans notre réponse à l’épidémie aura été le développement des capacités hospitalière en soins intensifs et la qualité des soins qui y ont été prodigués. Franchement, ce fut une très belle réussite. En dehors de ça, nous avons pratiquement fait tout faux. Alors que la menace épidémique est identifiée comme un risque sanitaire majeur depuis plus de vingt ans (et que nous avons eu plusieurs alertes successives au cours de cette période), nos autorités ont fait preuve d’une impréparation sidérante. Elles ont pris à peu près toutes les décisions opposées à ce qu’il convient de faire en cas d’épidémie infectieuse. Les meilleures pratiques en la matière se résument assez simplement à quatre grands axes : 

    • dépister le plus largement possible ;
    • mettre en quarantaines (sic) les personnes infectées et confiner les personnes à risque (personnes âgées et/ ou souffrant de maladies chroniques) ;
    • traiter (avec l’hydroxychloroquine et l’azithromycine bien sûr) les personnes Covid+ à risque de développer des complications ;
    • instaurer enfin une distanciation sociale et recommander le port du masque en public.

Seule une demie parmi ces quatre mesures requises a été prise en Suisse (si vous avez répondu qu’il s’agissait de la distanciation sociale vous avez vu juste !)  La médiocrité de cette réponse (avec un score d’un demi sur quatre, on n’est pas exactement à la note « suffisant ») a ensuite généré un merdier collectif sans nom (‘scuse my french) (sic) ».

13 avril : « On voit bien comment les informations qui nous sont données sont manipulées (ou à tout le moins orientées) pour noyer le poisson et enfumer le chaland. Mais il va y avoir, in fine, des comptes à rendre sur la réalité de ce qui a été fait. J’ai souvent partagé ma conviction à ce sujet: les responsabilités, civiles et sans aucun doute aussi pénales, de l’État vont être lourdes. Planter l’économie, précariser des centaines de milliers de personnes (en particulier les plus fragiles économiquement) et mettre les gens en danger avec les mauvaises réponses sanitaires à un virus sans gravité épidémique particulière devra être repris sans complaisance.« 

18 avril : « En Suisse et à Genève, nous aimons nous croire en vertueuse démocratie alors que nos institutions politiques sont instrumentalisées par les lobbies, des acoquinements opaques et des pratiques souterraines qui seraient objectivement condamnables dans de nombreux pays avec un sens éthique plus rigoureux que le nôtre. Voilà pour le dark side of life (en très résumé, bien sûr critiquable.)« 

22 avril : « Ce qui me frappe et me touche tellement depuis les semaines maintenant que je partage des analyses d’anthropologie médicale sur le Covid, c’est cette grande communauté de personnes intègres et de bonne volonté qui partout, se tendent en effet la main pour ne pas se laisser emporter par une psychose absurde qui aura des conséquences économiques, sociales et psychiques lourdes et à long terme dans notre société. (…)Communauté de personnes honnêtes dont font bien sûr partie les médecins et les équipes soignantes de nos hôpitaux romands qui soignent les patients atteints de Covid, sans hésiter au besoin (et non pas systématiquement) à recourir à l’hydroxychloroquine. Mais pas j’en ai peur les pharmacologues, méthodologues et médecins non-soignants de l’institution, ni très probablement hélas les directions administrative et médicale sans parler du comité d’éthique – enfin ce qui en tient lieu. » 

Cette dernière remarque est très blessante à l’égard d’éthiciens et d’éthiciennes (je pense notamment à Madame Samia Hurst) qui interviennent régulièrement dans les médias, montre à quel point M. Michel tombe bas dans ses critiques, gratuites et acrimonieuses.

25 avril 2020 : « Où sont en effet les médecins, pour défendre leurs propres droits et surtout l’intérêt de leurs patients ? Où sont les avocats, pour dénoncer publiquement et saisir la justice face aux graves dérives en cours et leurs fallacieuses justifications ? Où sont les éthiciens, pour parler d’autre chose que du temps qu’il fait et, peut-être, poser quelques questions sur leurs éventuels conflits d’intérêts aux responsables de la direction médicale et du « Groupe Covid » des HUG ? Où sont les députés pour remplir leur rôle de représentants du peuple et garants de l’intérêt public comme du bon fonctionnement des institutions et des autorités exécutives ?! (…) Ne cherchez pas, nos cantons ont replongé dans la grande léthargie amorphe qui les a si longtemps caractérisés. Et la soumission aveugle à des autorités qui montrent en cette occasion toutes leurs limites. » (…) Alors oui, je veux bien passer pour un rigolo, malgré les éléments aussi robustes que possible dont j’étaye mes billets. Et même si, croyez-moi, les tristes conséquences des mauvais choix qu’on nous impose et nous inflige ne me font vraiment pas rire. C’est dommage, comme Johann Schneider-Amman, j’adore pourtant ça. Et oui, rire est bon pour la santé. Mais s’indigner et même s’opposer parfois aussi… Surtout quand c’est la dernière possibilité qu’il nous reste face à des ferments qui sont – il est inquiétant que si peu s’en inquiètent –  ceux d’une dictature et non plus d’une démocratie.« 

Dans ce délire complotiste, Michel rejoint le « célèbre » philosophe italien d’extrême-gauche Giorgio Angemben qui, dans le Manifesto notamment, publie des textes qui ont été bien analysés par mon ami Antoine Chollet et par Nathan François dans un blog Mediapart. Giorgio Angemben affirme notamment : « De toute part on entend aujourd’hui formuler l’hypothèse que, en réalité, nous sommes en train de vivre la fin d’un monde, celui des démocraties bourgeoises, fondées sur les droits, les parlements et la séparation des pouvoirs, cédant la place à un nouveau despotisme, qui, quant à l’omniprésence des contrôles et l’arrêt de toute activité politique, sera pire que les totalitarismes que nous avons connus jusqu’à présent. Les politologues américains l’appellent Security State, c’est-à-dire un État dans lequel, pour « raisons de sécurité » (dans le cas présent de « santé publique », terme qui fait penser aux tristement célèbres « comités de salut public » durant la Terreur), l’on peut imposer n’importe quelles limites aux libertés individuelles ».

Pensée dérivante et délirante pour qui a lu comment Hannah Arendt expliquait les totalitarismes nazi et soviétique : la terreur y régnait ! « À l’inverse des exécutions d’opposants auxquelles recourent les régimes autoritaires, la terreur est permanente et vise tout le monde, principalement des innocents. Selon Hannah Arendt, « cette humanité (l’homme nouveau, but ultime des idéologies), qui constitue à la fois le produit ultime et l’incarnation du mouvement de la Nature ou de l’Histoire, demande des sacrifices continuels – l’élimination constante de classes ou d’éléments raciaux hostiles, parasites ou malsains – afin de conquérir son éternité meurtrière ». (La nature du totalitarisme, p. 101) La terreur exécute les verdicts de mort dictés par l’idéologie. La liquidation de masse est donc intrinsèque au système totalitaire. Il en résulte que « le totalitarisme ne tend pas vers un monde despotique sur les hommes, mais vers un système dans lequel les hommes sont superflus ». (Le système totalitaire, p. 274) Cette phrase synthétise la quintessence du totalitarisme selon Hanna Arendt, qui a le mérite de définir un système politique inconnu jusqu’alors, dont les caractéristiques ne résultent pas du seul contexte social et politique, car d’autres idéologies peuvent devenir totalitaires. »  (Joël Hautebert).

27 avril :  « Je ne sais pas si nos gouvernants ont la moindre idée du dépit et de l’indignation qu’ils sont en train de provoquer au sein d’une population qui ne demandait qu’à les suivre et à leur faire confiance. Hélas ! à force de compromissions, de désinformation, de contre-vérités et de propagande, ils sont en train de rompre ce contrat de confiance. La crise du Covid fait apparaître les multiples dérives structurelles, intellectuelles et éthiques qui ont pris corps dans la réalité sanitaire depuis bien longtemps. Et ont présidé à leurs prises de décision erronées. Avec pour conséquence d’avoir transformé ce qui devait être une banale épidémie en véritable crise sanitaire.« 

Comme l’écrit mon ami universitaire romand, « la question de l’impréparation devra être traitée, c’est évident ; à peu près tous les soignants, notamment en Italie, en France (où la situation est à la fois catastrophique et presque comique), aux États-Unis, etc., en font état. Cependant, tirer sur les gouvernements en les accusant d’impréparation ne change strictement rien à la situation aujourd’hui. Les différents gouvernements ont tenté de limiter la casse, avec des réussites et des échecs, et l’ont fait avec le même degré d’incompétence dont ils font preuve dans tous les autres domaines, variable selon les pays là encore. Le bilan final ne pourra être tiré qu’une fois la pandémie terminée, tous les spécialistes le répètent depuis des semaines, et en attendant il faut là aussi faire preuve de prudence. Peut-être que nous nous apercevrons alors que la politique suédoise était la meilleure (j’en doute fort, d’autant que ça ne se passe pas bien du tout pour le moment), que le pragmatisme allemand (et suisse) a été plus efficace, ou autre chose encore. Pour le moment, il faut tenter de limiter les dégâts, et ce n’est pas en tirant à vue sur ceux qui sont chargés de piloter la réponse que celle-ci pourra être mise en place le plus efficacement possible. C’est peut-être l’un des points décisifs: la situation d’urgence commande, je crois, de ne pas handicaper les capacités des autorités à y faire face.« 

Pour ma modeste part, je fais partiellement miennes ces réflexions du XVIIe siècle émises, dans des contextes politiques bien différents, par Spinoza pour qui l’obéissance aux lois de l’État n’est pas un esclavage : «  En tant que l’État vise l’intérêt public, obéir au souverain légitime d’un État, c’est servir son propre intérêt. Cela revient à une attitude fondée sur la Raison qui est la connaissance de ce qui nous est commun. Le respect des lois de l’État est l’attitude de l’homme libre qui n’obéit qu’à la raison, à sa raison comme celle de tous, et non l’attitude de l’esclave qui est dominé par ses penchants. (…) On pense que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n’est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison. Quant à l’action par commandement, c’est-à-dire à l’obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c’est la raison déterminante de l’action qui le fait. Si la fin de l’action n’est pas l’utilité de l’agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l’agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un État et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi cet État est le plus libre, dont les lois sont fondées en droite Raison, car dans cet État chacun, dès qu’il le veut, peut être libre, c’est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite de la Raison. » Traité théologico-politique, chap. XVI

« L’homme que conduit la raison est plus libre dans la cité où il vit selon le décret commun, que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même. » Éthique IV, prop. 72

 

6. Les points de vue discutables ou fumeux et l’exagération

Jean-Dominique Michel n’a pas fini de nous lasser en nous interpellant par un certain nombre d’approximitations argumentatives. Par exemple, le 12 mars il écrit : « L’exemple chinois montre qu’avec des mesures au besoin vigoureuses il sera possible de contenir puis inverser les courbes épidémiques. » Plus haut, il vantait la Corée du Sud.

Or, en Suisse, nous ne pouvions pas suivre leur politique, par impréparation d’abord (les masques, les tests, etc.), mais aussi parce que la population des différents pays européens n’aurait pas accepté ces mesures. Il ne faut pas oublier que les pays asiatiques ont déjà vécu des situations similaires au moins deux fois, avec le SRAS et l’épidémie de grippe aviaire, et que leurs populations étaient prêtes. En Corée, des personnes étaient dénoncées par leurs voisins parce qu’elles toussaient dans leur appartement, et elles voyaient la police débarquer chez elles et les mettre en quarantaine. De même en Chine, les autorités n’ont pas seulement confiné les habitants, elles ont parfois soudé leur porte pour qu’ils ne sortent pas.

Le 21 mars, Michel s’essaie à l’anthropologie théorique :  « Dans les situations de crise, il n’y a que deux attitudes anthropologiquement possibles : l’une c’est de chercher des « hommes forts », des « sauveurs » qui vont nous dire quoi faire et réprimer tous ceux qui s’opposent à leurs vues. On sait par exemple comment avoir vécu la précarité pendant l’enfance est une prédicteur du vote en faveur de figures politiques autoritaires. L’autre chemin, c’est celui de construire ensemble une aptitude à penser la complexité en cohérence avec nos valeurs. Celle-là qui nous fait tant défaut depuis tant d’années.. » Or, penser ensemble pour Michel consiste paradoxalement à se défier des toutes les communautés, scientifiques et politiques. Penser avec un faciliste, quoi de plus compliqué !

24 mars, il cite le magazine Quartz : « Quelque chose est pourri dans l’état de la recherche biomédicale. Tous ceux qui travaillent dans ce domaine le savent à un certain niveau. Nous applaudissons les présentations de nos collègues lors de conférences, en espérant qu’ils nous feront preuve de la même courtoisie, mais nous savons dans notre cœur que la majorité, voire la grande majorité de nos affirmations en matière de recherche sont fausses. » Bref, le monde scientifique est majoritairement formé de faussaires !

 

7. La pensée « philosophique » peu rigoureuse,

Monsieur Michel révèle également des limites patentes quand il s’essaie au développement de pensées philosophiques. Le 1er avril :  « Les anthropologues ont au moins cet avantage d’être (normalement) de robustes épistémologues. Il s’agit d’un de mes domaines de prédilection, ce qui me permet d’attendre mes contradicteurs de pied ferme. Je n’en ai pas de mérite : nous sommes disciplinairement confrontés à la luxuriance débridée des systèmes de croyance au sein de notre espèce, avec de surcroît ce trait que chaque culture s’imagine (bien sûr) mieux penser et mieux comprendre le monde que les autres peuplades. (…) Nous abordons donc chaque « vision du monde » (Weltanschaung) comme un système de croyances ayant sa propre logique, sa propre dynamique interne et la densité psychoaffective qui lui est propre. Nonobstant que certaines croyances peuvent bien sûr s’avérer mieux conformes au réel. Prescrire un antibiotique contre la peste paraît par exemple une croyance plus empiriquement efficace que trimballer une statue en procession à travers les rues de la ville -démarche qui jouira pourtant d’une indéniable forme d’efficacité symbolique selon la jolie expression de Claude Lévi Strauss !« 

18 avril : « Si toutes ces choses que j’évoque au long de ces billets de blog vous affectent (ce qui est le symptôme heureux d’être doté de conscience), il est une belle ressource pour nous rasséréner sans refouler nos affects : la créativité. Le Blues, comme le chantait le Taulier cher au Pr Morel, est né du besoin de « chanter les peines et les espoirs, de chanter Dieu et puis l’amour »…Et oui, la science a validé qu’écouter des chansons tristes quand on l’est nous fait du bien plutôt que nous enfoncer plus encore dans la déprime. La créativité est aussi question de beauté, d’émerveillement, d’innocence, d’esprit et d’humour. » Chantons en choeur !

20 avril : « Je me suis vu aussi reprocher (?!) mon intérêt passé pour le chamanisme, alors qu’il s’agit d’un sujet aussi fondamental en anthropologie que la géométrie euclidienne en mathématiques. Sauf à devoir déconsidérer aussi du même coup le Pr Ilario Rossi de l’Université de Lausanne, connaisseur hors-pairs du et des chamanismes, et l’un des tous meilleurs anthropologues de la santé au monde -ce que je ne suis pas. Et tant qu’à faire la grande lignée de savants illustres à l’origine de notre discipline, de Franz Boas et Margaret Mead à Marcel Mauss et Claude Lévi- Strauss, tous sujets d’un intérêt assurément suspect pour le chamanisme !« 

En résumé, la théorie défendue par M. Michel, en l’occurence ici un bonimenteur fumeux, est que pensées et concepts philosophiques ne sont que des croyances reposant sur des bases psychoaffectives. Au contraire, la philosophie repose sur la création de concepts qui ont leurs spécificités logiques, idéologiques et historiques propres. 

 

8. La défense unilatérale du traitement à la chloroquine

Aujourd’hui 1er mai, on apprend que le docteur Rick Bright, chef de la Barda (Département de la recherche et du développement médicaux avancés) a été démis de ses fonctions par Donald Trump. En effet, celui-ci veut de manière compulsive imposer le traitement à la chloroquine, un médicament adapté à la lutte contre la malaria. Bright faisait de la résistance à étendre l’usage de ce médicament avant d’avoir la preuve qu’il serait adapté pour lutter contre le coronavirus. Pour Trump, la chloroquine serait un « game-changer« , un événement qui change la donne. Bright affirme au contraire que pour combattre le virus mortel, c’est la science et non la politique qui doit mener la bataille. 

Le docteur Raoult est ce virologue marseillais qui prétend que c’est le remède miracle même si les données scientifiques approuvées par ses pairs n’existent pas encore totalement. A-t-on vraiment prouvé que la chroloquine n’a pas d’effets néfastes sur le système cardio-vasculaire ?

Monsieur Michel a consacré de nombreux articles polémiques pour défendre la chloroquine et Raoult, prétendant que les gouvernements s’opposent à son utilisation thérapeutique. Pourtant un médecin est libre de soigner ses patients comme il le souhaite, y compris avec de la chloroquine. Ce qui se pratique depuis le début en Suisse. 

12 mars, il affirme sans nuance, qu’il « s’agit d’un médicament efficace sur les coronavirus, peu coûteux, dont la pharmacocinétique est parfaitement connue. Le Pr Raoult vient de démarrer un essai clinique à Marseille, faisant suite à une première étude in vivo publiée par les Chinois et faisant état de résultats intéressants : il réduirait la durée de portage viral de 12 à 4 jours (ces résultats étant à confirmer) dessinant un possible usage curatif aussi bien que pour prévenir la contagion. »  

Le 29 mars, il écrit : « Dans le conflit en cours, vous avez bien d’un côté les milieux dominants de la recherche scientifique gangrénés par la corruption systémique (selon le très rigoureux Centre d’éthique Edmond J. Saffra de Harvard) et de l’autre les équipes de Méditerranée-Infection. Les premiers réclament d’autres études pour « disposer d’une certitude scientifique » avant de recommander le traitement mise au point à Marseille. Les seconds vont de l’avant et prennent tout le monde à rebours du bon sens… ou à contre-poil. (…) On peut gloser à l’infini sur l’orgueil et le narcissisme attribués à Didier Raoult. Je vois pour ma part dans ses attitudes et son choix dans les méthodes de communication quelque chose qui relève beaucoup plus de la résistance politique et de l’agit-prop’, cet activisme militant élaboré pour mettre en échec les dictatures. (…)Bien sûr les données avancées par Marseille sont apparemment plus faibles ou discutables. Mais voyez : sur le site de Méditerranée-Infection figure désormais jour après jour le nombre de personnes testées Covid+, le nombre de personnes sous traitement avec l’association hydyroxychloroquine + azithromycine. Et le nombre de morts à J+3 après le début du traitement.  (…) Si vous l’avez vu depuis les trois jours qu’elle est en ligne, cette simple numération fait apparaître la seule chose qui compte et la seule qui comptera in fine : malgré l’augmentation régulière du nombre de cas, l’IHU de Marseille est le seul service en France où l’on ne meurt plus du Covid+. Cette donnée est scientifiquement tendancieuse. Par contre, elle est empiriquement indiscutable.« 

Donc, Trump et Michel même combat !

Mon cher ami lausannois écrit ceci : « Premièrement, l’épidémiologie et la virologie sont des sciences, dont le niveau de complexité et de conflictualité est apparemment à peu près aussi élevé que les sciences humaines et sociales, mais qui sont bien des savoirs étayés sur des connaissances, des théories et des méthodes que la plupart des gens, sans surprise, ne maîtrisent pas. On en est donc réduit, mais c’est en réalité notre lot quotidien, y compris en temps normal, à lire et écouter les spécialistes, et à faire preuve de prudence lorsqu’ils sont en désaccord (mais en se fiant également à la répartition de ces désaccords si l’on veut éviter de tomber dans l’ornière des climatosceptiques, qui, parce qu’un marginal dit autre chose que les 99% de la communauté scientifique, prétendent que le débat est « toujours ouvert » sur l’origine anthropique du réchauffement climatique…).« 

À noter que le docteur Raoult s’est publiquement déclaré climatosceptique en 2013 en affirmant que les prédictions climatiques sont absurdes.

 

9. Le narcissisme exagéré et la victimisation

J’ai longtemps combattu dans ma ville un politicien populiste et ai été frappé, en plus de ses affirmations discutables, par sa tendance à la valorisation excessive de soi et de son corollaire, la victimisation. Le psychologique guiderait donc parfois l’action politique ou scientifique. Jean-Dominique Michel n’échappe pas à ces travers qui décrédibilisent ses discours qui, je le répète, contiennent un part de pertinence, hélas noyée dans des passions tristes.

21 mars, fier du retentissment de son article Covid-19 : fin de partie ?!, il écrit : il « a été massivement partagé sur les réseaux sociaux et la presse numérique, d’une manière qui montre l’attente et le besoin que soient expliquées de manière honnête, solide et étayée les réalités complexes que nous traversons. Il recueille me dit-on un écho important dans les milieux académiques et hospitaliers. Il est même à l’initiative d’un grand hôpital parisien en cours de traduction en anglais pour être diffusé vers la communauté internationale. Une équipe de Medellín (en Colombie) réalisait de son côté une traduction espagnole. J’en suis très sincèrement le premier surpris.« 

Le 22 mars le côté pile de la médaille, la victimisation :  » Dans le même temps, on a commencé sur les réseaux sociaux à me mettre en cause au sujet de travaux de recherche que j’ai menés sur les pratiques de guérison traditionnelles aux Philippines, travaux que j’ai entre autres présentés dans le cadre de la Faculté de médecine ainsi que du Musée d’ethnographie de Genève, du département d’anthropologie de l’Université de Lausanne et de INREES à Paris.« 

5 avril :  » Ces deux dernières semaines, j’ai écrit article après article sur le Covid. Le plus apprécié d’entre eux a été lu par près d’un million de personnes en Suisse et en France, devenant l’article le pls consulté toute l’histoire des blogs de Mediapart. J’ai rédigé un appel à M. Alain Berser et M. Mauro Poggia, respectivement Conseiller fédéral et Conseiller d’État genevois, tous deux en charge de la santé. Appel relayé par deux mille personnes. En vain.« 

Entre-temps, écrit-il le 6 avril, « Mediapart avait censuré à deux reprises mon article « Covid-19 : Fin de partie ?! » au motif de « fake news ». Il s’agissait en fait d’analyses épidémiologiques pleinement valides, confirmées pas plus tard que le lendemain par le « pape » des données médicales, John Ioannidis. La série continue, puisque je suis maintenant l’objet d’un signalement anonyme et délateur sur le site Avaaz.org. Quel monde !  » 

Et pour couronner Jean-Dominique Michel, le 27 avril, un site internet  publie un entretien avec lui. Quelle présentation dithyrambique : « Le Genevois est depuis 30 ans l’un des plus grands spécialistes mondiaux de santé publique. Il a travaillé nuit et jour ces dernières semaines pour comprendre ce qui nous arrive. anthropologue et expert de renommée mondiale en matière de santé publique. Après avoir étudié pendant plus de 30 ans les pratiques de soins et dispositifs sanitaires en Europe et dans le monde et avoir enseigné dans une quinzaine de programmes universitaires et Hautes écoles en Suisse et à l’étranger, il a travaillé comme nul autre ces dernières semaines pour comprendre et mettre en perspective ce qui nous arrive.« 

Amen, et je vous mets en lien des articles que j’ai recueillis sur le coronavirus, écrits notamment par des chercheurs et univeraitaires en anthropologie, des philosophes, des sociologues et des journalistes.

Je souhaite terminer cet article par des remerciements.

Il faut remercier nos magnifiques scientifiques suisses nobélisés, Jacques Dubochet, Michel Mayor et Didier Queloz, incarnations exemplaires de la modestie et de l’humilité.

Il faut remercier nos médecins, soignants, directeurs des départements de la santé qui ont oeuvré pour lutter le mieux possible contre le coronavirus, en sauvant ou protégeant des vies.

Il faut remercier nos élus des assemblées fédérales et cantonales qui vont reprendre leurs activités législatives ces prochains jours. Instaurer un état d’exception avec les pleins pouvoirs en cas d’épidémie est constitutionnel et légitime, Antoine Chollet l’a bien expliqué.

Il faut finalement remercier les philosophes, écrivains et artistes que nous aimons et qui nous aident, même si l’on n’est pas d’accord avec eux, à penser le monde de demain avec lucidité et exigence.

Avec plus de rigueur et moins d’acrimonie que mon collègue blogueur Jean-Dominique Michel…, cher « philosophe du rétroviseur » !

Ce 1er mai a aussi paru sur Facebook un billet du médecin cantonal neuchâtelois, Claude-François Robert. Le voici intégralement :

1er mai : billet, muguet, to be or not
 
C’est entré dans nos vies sans crier gare. Personne n’a frappé les trois coups. Le virus est arrivé à pied par la Chine, comme un malotru.
Maintenant, c’est comme une grande scène avec plein d’acteurs. Il y a des chevaliers. Mais, de preux chevaliers peuvent devenir victimes, étouffées à l’acte suivant. Comme cet urgentiste à la retraite.
Certains sont adeptes du masque, comme Zorro, mais sur la bouche et sans épée, juste un peu de peur dans les yeux quand tu le croises dans l’ascenseur. La burka jadis dénigrée va faire fureur sur les terrasses.
Il y a aussi ceux que j’appelle les philosophes du rétroviseur. Ils nous expliquent comment on aurait dû faire en mars à la lumière de ce que l’on sait maintenant et qu’on ne savait pas quand on a choisi le plan de la dernière chance.
Et puis, il y a les invisibles qui sont aux manettes. Ceux qui jouent les conseillers et qui après une nuit de calculs, se retrouvent dans le bureau du ministre pour décider. Surtout l’aider à décider, à faire les choix impossibles, à fermer les théâtres pour ne pas remplir les hôpitaux. Car c’est lui qui porte, qui signe, qui paraphe, qui sera responsable et que les philosophes du rétroviseur jouent déjà coupable dans leurs longues tirades.
Tout ce monde s’agite sur cette scène. Une scène bien particulière, car sans public. Nous sommes tous les acteurs et nous savons tous que nous pouvons changer de rôle à l’acte suivant, pas forcément à notre bénéfice.
Nous sommes tous les acteurs…
Cette pièce aurait pu être écrite autrefois par Molière. Vous vous souvenez du « Médecin malgré lui ». On imagine l’entrée du Docteur Chloroquine. On attend la fin qui ne vient pas, la nouvelle vague à l’automne. On pense alors à Beckett, avec un goût amer de quinquina sur la langue.
On se souvient des trois coups, des jours d’avant les trois coups, des fêtes, des festivals. On ne sait pas quand on pourra enfin gueuler « Rideau ! »
Vous êtes tous les acteurs.

 

50 commentaires

  1. Bonjour, merci pour cette mise en perspective, absolument nécessaire. J’y souscris entièrement.
    Permettez-moi une anecdote. Je n’ai pas revu M. Michel depuis douze ans. La dernière rencontre fut houleuse. En 2008, M. Michel a réalisé un documentaire sur les guérisseurs philippins et, dans ce cadre, il m’a sollicité pour un entretien. Lorsque j’ai pris connaissance de son travail, j’ai été interloqué par la manière qu’il avait de diriger son discours et d’utiliser les extraits de nos échanges. Je l’ai invité à en parler dans le cadre d’un cours sur le pluralisme médical, en le prévenant que sa production serait l’occasion pour les étudiant.e.s d’appréhender l’altérité thérapeutique certes, mais surtout de déconstruire et critiquer les dérives discursives et idéologiques de son approche. Ce qui fut le cas, dans un débat frontal et tendu, d’une grande utilité pédagogique.
    Depuis, le silence. Jusqu’à ce qu’un ami, il a y trois jours, m’envoie le lien de l’entretien vidéo que vous mentionnez. Ses propos et l’arrogance qu’il dévoile en les inscrivant dans la discipline à laquelle il se dit rattaché, m’ont dérangé au plus haut point. Puis, en tombant sur votre blog, je découvre qu’il me mentionne à plusieurs reprises comme « référence ».
    M. Michel a la fâcheuse habitude d’instrumentaliser le nom d’autrui pour légitimer l’idée qu’il se fait de lui-même. Or je me distancie radicalement de sa manière d’analyser la situation que nous sommes en train de vivre, qui a peu à voir avec une perspective, voire une « épistémologie », scientifiquement fondée. Ses opinions et leur mise en forme sont souvent préoccupantes. Libre à lui de dire ce qu’il pense, mais qu’il le fasse comme citoyen et pas au titre de représentant légitime de l’anthropologie académique que son parcours ne l’autorise pas à revendiquer. Il nuit en cela fortement à l’ensemble des professionnel.le.s qui travaillent dans le domaine et qui, par leur implication, essaient de restituer une vision plurielle et complexes de nos sociétés contemporaines.

    1. Cher Monsieur, depuis 13 ans que je tiens un blog, j’ai rarement reçu un commentaire de référence aussi réconfortant. En effet la lutte contre ce que j’appelle le facilisme est risquée sur les réseaux sociaux car on s’expose à un « trolling » incessant. Merci de me dire par quelle voie vous êtes tombé sur mon article, destiné au départ à n’être lu que par les quelques abonnés de mon blog et des amis d’un ou deux amis Facebook que je connais et qui ont partagé mon lien. Pour ma part, je n’ai diffusé l’article sur FB que pour mes amis. Je vous remercie donc sincèrement de votre message !

      1. par le commentaire d’un certain UOLMO dans le fil de discussion initié par un certain Blache Boris parmi les 1292 commentaires publiés à la suite de l’interview de JDMicheL

  2. Cher Monsieur, Un grand merci pour votre analyse circonstanciée des propos de M. Michel. J’avais renoncé à le faire tant cela me paraissait, comme vous l’avez dit vous-même, fastidieux ! Encore merci pour ce travail qui mériterait d’être largement diffusé.
    Bien cordialement.
    Jacqueline Faure Psychologue clinicienne (maladies infectieuses et tropicales – drépanocytose) pendant 25 ans dans un hôpital parisien

  3. Bravo pour ce travail argumenté… Le problème est que ce Monsieur est suivi comme une référence absolu alors que visiblement il dit effectivement des vérités qu’on peut lire partout et saupoudre de populisme. Ce M. MIchel est digne d’entre dans la sphère confusionniste qui gangrène le net.

  4. Cher Monsieur merci…

    Par la rigueur et l’objectivité de votre analyse vous démontez point par point le discours non seulement « fumeux » mais dangereux de ce Monsieur Michel qui se gargarise à l’excès de mots creux et se vautre, avec délice, dans une vanité de bien mauvais aloi…
    Le populisme, de droite comme de gauche, doit-être combattu tel que vous le faites, en mettant en exergue des arguments plausibles et irréfutables, dénués de toutes ces arguties politiques qui ne font qu’induire dans l’erreur le « quidam lambda » qui préfère fréquemment (hélas !) trouver des boucs émissaires « responsables » plutôt que d’analyser froidement les faits…
    Continuez donc dans le même esprit votre blog (que je viens de découvrir par hasard) et je me ferais un plaisir de vous suivre

    1. Merci de vos compliments qui me touchent énormément. Toute ma vie de prof de philo dans un lycée a été placée sous le signe (spinoziste) de la libérartion des fausses idées : c’est là la liberté !

  5. Bonsoir Monsieur

    Merci pour cette analyse développée.
    Vous vous appuyez sur les sources de l’INSEE recensant les décès de janvier à avril des trois dernières années. Je note que vous avez omis ceux de 2017, autrement moins probants. Est ce à dessein ?

    Par ailleurs je trouve que vous abusez des réductions ad hitlerum par exemple Trump Michel même combat. Est ce vraiment honnête ?
    Quant à citer Raoult de climato-sceptique, c’est je l’espère une erreur. Il ne nie pas un changement climatique mais un réchauffement climatique. Avec l’exemple de l’Antarctique Sud qui gagne en glace.
    Je trouve le procédé suspect.

    1. Je vous remercie de votre remarque modérée et non agressive. Je n’ai pas les chiffres de 2017 et ce n’est pas à dessein que je ne les ai pas mis car la photo est reprise du site de l’INSEE.

      Par contre en Grande-Bretagne, Nick Stripe, analyste à l’OMS, a décrit une situation dramatique : « Dans les maisons de retraite, la situation est encore plus dramatique que cela. Près de quatre fois plus de décès que ce à quoi nous nous attendions à cette période de l’année ont été enregistrés au cours de la semaine dernière, soit environ 280 % de décès de plus enregistrés dans les maisons de retraite que la moyenne de ces cinq dernières années, et ce nombre augmente.»

      Ce que vous appelez une « réduction ad hitlerum » est à mon avis plus malhonnête intelellectellement que la mienne. C’est excessif et à la limite de l’insulte. En effet, je me suis lâché légérement dans ce paragraphe. Mais M. Michel se lâche violemment dans chacun de ses articles, en populiste qu’il est.

      Quant à Raoult et son climatoscepticisme qui est peut-être aussi le vôtre, vous comprenez qu’on ne peut le nier quand on lit ce qu’il a récemment déclaré. (ici sur https://fr.sputniknews.com/france/202005011043700525-didier-raoult-remet-en-cause-le-rechauffement-climatique/)

      « Le professeur Didier Raoult a confirmé une nouvelle fois son climato-scepticisme dans un entretien accordé à L’Obs, tout en affirmant en même temps être un écologiste. Le réchauffement climatique? Didier Raoult n’y croit toujours pas. Devenu particulièrement populaire depuis ses recommandations sur l’hydroxychloroquine, le virologue n’en reste pas moins critiqué et tient toujours des propos loin de faire l’unanimité. Dans une interview à L’Obs publiée le 30 avril, il a confirmé sa position de climato-sceptique.
      «Avec mon expérience et celle de ma famille, même si la majorité des gens disent que quelque chose est vrai, je me donne le droit de douter et de tout remettre en cause. Le réchauffement climatique, à titre personnel, je ne le vois pas», a indiqué Didier Raoult au magazine, affirmant n’avoir aucun regret sur ses propos qui remettent en cause ce phénomène.

      Le virologue, en se basant sur les images de la Nasa, a indiqué que la taille de la banquise en Antarctique et en Arctique avait peu changé. «En revanche, si je regarde la fortune personnelle d’Al Gore, elle est passée de trois à 200 millions de dollars», a-t-il taclé.En effet, l’ancien vice-président des États-Unis (1993-2001) s’est montré particulièrement actif dans la lutte contre le réchauffement climatique, ce qui lui a valu un prix Nobel de la paix avec le GIEC en 2007. Sa fortune a subitement grossi lorsqu’il a vendu son réseau télévisé Current TV à Al Jazeera en 2013 pour 500 millions de dollars (450 millions d’euros)

      Le virologue avait notamment publié une tribune dans Le Point en 2013, mettant en avant un site qui avait répertorié 72 prédictions erronées sur le climat en 121 ans et concluant que «le futur lointain reste imprévisible». En 2010, plusieurs de ses chroniques évoquaient le fait que la planète ne se réchauffait plus depuis 1998 et remettaient en doute les modélisations climatiques.

      De plus, dans une interview exclusive accordée à BFM TV il a rejeté l’hypothèse d’une seconde vague de coronavirus en la qualifiant de science-fictionnelle. Le professeur, qui s’est dit au début de l’entretien être un praticien aimant accumuler les données et voir comment les choses fonctionnent, a noté que la plupart des questions que les autres posaient étaient des spéculations. À la question de savoir si une seconde vague était une fantaisie il a répondu: «Non, mais on peut tout imaginer».

      Les procédés argumentatifs suspects de Raoult et Michel sont donc à mon avis nettement plus importants que les quelques miens que je reconnais bien volontiers.

  6. Merci d’avoir pris ce temps pour analyser plus finement cette pensée et ces écrits qui paraissent a priori intéressants. Je dis cela car le discours de Mr Michel m’a plu, en tout cas m’a parlé, sans doute par pur biais de confirmation :).
    Il est en ce moment plus que jamais nécessaire de faire ce travail de fourmis et d’analyse des différentes « fausses nouvelles » ou autres vérités transformées qui nous arrivent par dizaines.
    J’avais commencé un travail d’analyse des propos de Jean Jacques Crèvecoeur (dont beaucoup de connaissances m’envoient les vidéos) mais ne l’ai pas fini par manque de temps.
    C’est fou le temps que cela prend de vérifier une fausse information !

    Encore merci pour votre travail !
    Andréas

    1. Merci de votre remarque. Je le répète : tout ce que dit M. Michel n’est pas à discréditer, surtout dans notre pays, la Suisse, où le débat est la source, parfois de consensus, sinon de respect mutuel. Mais avec Michel, les bases du consensus et de la discussion respectueuse sont au départ minées puisqu’il développe une forme de haine contre les pouvoir en place (médias, politiques, mileux scientifiques et médicaux académiques). Cette passion triste a un nom : l’acrimonie. L’inconditionnel soutien de Michel, aveugle, à un médecin marseillais ouvertement climatosceptique oblige à choisir son camp. Ou alors on navigue soi-même dans le scepticisme absolu où tous les points de vue se valent. C’est le contraire de la recherche philosophique de la justesse de la pensée.

  7. Un grand merci pour votre analyse des propos de Jean-Dominique Michel à laquelle je souscris entièrement. Démonter le discours séduisant de ce talentueux membre de la sphère complotiste est politiquement – au sens large – de première importance. Car les propos de Jean-Dominique Michel trouvent un indéniable écho chez toutes celles et tous ceux qui, à la recherche de certitudes dans le moment déstabilisant que nous vivons, lisent malheureusement trop rapidement. Ce qui m’étonne le plus, ce ne sont pas les propos préoccupants de Jean-Dominique Michel, mais bien l’incroyable adhésion qu’ils suscitent de Mediapart à Egalité et Réconciliation du franco-suisse d’extrême-droite Alain Soral. Et pourtant, cela devait crever les yeux que l’on a affaire ici à un habile surfeur obnubilé par la manière d’attirer la lumière sur sa propre personne.
    Merci encore.

  8. Merci pour votre texte. La vidéo virale de JDM a malheureusement aussi atteint la Belgique (déjà particulièrement frappée par le virus comme vous le savez). On se fera une bonne idée du personnage en consultant la liste de ses brumeuses (et peu sérieuses) formations données à la page: https://jdmichel.ch/mon-parcours/
    On s’étonne que son statut de « Président de l’institut international de mémothérapie » n’y soit pas mentionné (institut qu’il a cofondé et dont il est un des quatre thérapeutes agréés: https://jdmichel.files.wordpress.com/2012/05/description_techniques1.pdf ).
    Le titre de son film « Les guérisseurs de la Foi » (https://www.filmsdocumentaires.com/films/169-guerisseurs-philippins) s’applique parfaitement à lui-même… un simple imposteur!
    Compatriotiquement vôtre

  9. Monsieur, votre travail est remarquable
    j’ai trouvé votre blog en parcourant les commentaires de la fameuse vidéo de Jean-Dominique Michel « Anthropologue suisse de la santé » que je qualifierai plutôt de révisionniste de la santé quand il compare le covid à la grippe (je travaille comme médecin aux urgences depuis 30 ans, et cette maladie est très différente, avec une morbidité plus forte, plus complexe et nous n’avons fini de le découvrir). Notre « Anthropologue suisse de la santé » est de plus un grand petit scientifique quand il dit « La chloroquine aurait probablement sauvé des milliers de vie » . Cà c’est de la science… si on utilise le mot probable, c’est probable que le contraire soit vrai aussi… D’ailleurs aucun papier scientifique n’a trouvé à ce jour une utilité pour ce médicament (au contraire). Je me demandais qui était intéressé par le contenu de cet entretien que j’ai interrompu assez rapidement…. j’ai donc parcouru les commentaires post vidéo, lesquels sont à la hauteur du contenu de l’entretien…
    Merci donc. Malheureusement on combat mal l’émotionnel par le rationnel.

    1. Merci beaucoup de votre commentaire. On va accuser les commentateurs de mon article, vous et les autres avec moi, d’être des partisans de la dictature de la pensée unique. Et bien grand bien fasse aux collabos de l’occupant-virus. Ces malheureux croient résister !

      1. On leur répondra qu’on est partisan de la pensée multiple…. !

  10. Cher Daniel,

    J’ai lu ton blog où tu parles de Jean-Dominique Michel.

    Personnellement, j’ai trouvé cette personne très intéressante, bien que je ne sois pas convaincu sur tout, notamment sur la dangerosité du corona virus qui ne serait pas plus contagieux que d’autres grippes de type influenza. Encore faut-il comprendre que sa comparaison sous-entend une grippe saisonnière à laquelle on n’aurait pas encore trouvé de vaccin.

    Sache que dans les lignes ci-dessous, je t’expose quelques critiques « subjectives », et dont je me serais bien passées au vu du plein de choses que je te dois.

    Voilà : pour moi tu décris trop les paroles ou interview de JDM comme un « objet » d’étude, un « cela » et pas assez souvent comme un « tu » qui nous parles. C’est-à-dire en ne répondant guère aux nombreuses interpellations de JDM.
    Par exemple, pourquoi ne cherches-tu pas à répondre à certaines questions posées comme le fait que nos pays connaissent 150 plus de morts que le tier-monde ?
    Ou pourquoi les pharmacies refusaient son médicament à JDM? Ou pourquoi, sur les personnes qui travaillent à Swissmedic 60% de ceux-ci ont des intérêts directs avec l’industrie pharmaceutique. Ou pourquoi on ne parle pas des 8000 personnes qui meurent en Suisse à cause de poumons démolis par les particules fines (et qui seront d’autant plus victimes du corona)? Ou encore à beaucoup d’autres interrogations.

    Tu dis aussi parler avec moins d’acrimonie que JDM. Et pourtant tu traites celui-ci de « charlatan bonimenteur », de « narcissiste exacerbé », de « bonimenteur fumeux », « de délirant complôtiste », tu parles de « sa volatilité, sinon sa schizophrénie, » etc.

    A sa place, au vu de ce genre de critiques et des fins de non recevoir qu’il subit, je me sentirais peut-être aussi victimisé. Se sentir victime n’est pas une tare en soi.

    Ceci dit, le tiers- monde prend de la chloroquine depuis 70 ans contre le paludisme. Et tout d’un coup, il faudrait s’assurer de ses effets secondaires ?

    Je trouve que tu fais aussi parfois des sortes de sophismes. Exemple : Prémisse 1 : JDM dit que les autorités sanitaire ont du sang sur les mains. Prémisse 2 : Santiago Abascal, qui est fasciste, le dit aussi. Donc JDM a des accointances fascistes ?

    Autre exemple. Prémisse 1 : Michel, défenseur sans nuances du docteur Raoult. Prémisse 2 : Le docteur Raoult s’est déclaré publiquement climato-septique. Donc JDM est climato-septique ?

    Moi, dans l’interview, d’athle.ch sur youtube, j’ai plutôt entendu de JDM :
    Je ne suis pas un inconditionnel du docteur Raout (47ième min.) (Il précise même que ce dernier n’a fait que reprendre des recherches qu’il n’a pas inventées et sur lesquelles on ne sait pas encore grand chose. Et plus loin : Je ne fais pas un cheval de bataille de l’hydroxychloroquine.

    J’ai aussi entendu : Si moi, insignifiant anthropologue… Ou encore : Je parle d’un domaine qui n’est pas fondamentalement le mien (49ème min).

    Enfin, ce n’est pas parce que Trump est le roi des cons, qu’il aurait tort de proposer la prise de chloroquine (et que tu peux t’autoriser une sorte de JDM, Trump même combat).

    Bref, je suis un peu étonné de cet article qui ne me semble pas tellement digne de ton exigence et de ta finesse habituelle. Ou de ton beau site Mille tableaux.

    En espérant, profondément que ces quelques remarques ci-dessus n’auront pas d’incidence sur notre amitié.

    Jean-Pierre Bregnard

    Les réflexions ci-dessus se basaient sur une version un peu moins neutre de Daniel.

    1. Bravo très bonne analyse, en fait au lieu de discuter les idées de JDM, on s’attaque au messager pour le discréditer, pareil avec Raoult, c’est un procédé basique mais qui fait toujours son effet. Big Pharma on en parle pas, La Suisse une belle démocratie capitaliste avec ces gentilles autorités qui veulent notre bien. Bref, sous couvert d’une analyse à priori objective du CV de JDM on écarte les vrais problèmes mis en exergue par celui-ci. Concernant la dangerosité du coronavirus bien malin qui pourra décortiquer les statistiques, toutefois on peut tout de même se rendre compte que se sont essentiellement les personnes très âgées et/ou malades qui en meurent. Plus qu’une grippe, moins qu’une grippe bien malin celui qui peut le dire à ce stade.

      1. Cher VLaunay, coronasceptique, certaines « idées » de Michel (son populisme, ses approximations, sa philosophie de « l’affectif ») sont contestées dans mon article. Certaines sont pertinentes, je l’ai écrit. Quant à la démocratie capitaliste, je la préfère à l’autocratie illibérale à la Orban !

        De plus, mon cher ami Jean-Pierre Bregnard m’a écrit ce matin : « Cher Daniel, merci de ces précisions (sur la formation de JDM), mais je n’en avais plus trop besoin dans la mesure où je suis allé chercher moi-même des informations sur ce drôle de type. Et surtout que j’ai vu qu’il soutenait l’astrologie, dans laquelle je n’ai jamais vu autre chose que des timbré(e)s genre Madame Soleil (soit psychotiques ou aimant le pognon). Voilà, je me suis fait avoir, mais y avait de quoi quand est pas assez méfiant envers des personnes qui parlent bien et et que d’autres présentent comme « expert ». D’ailleurs, même des gens comme Cornali ou d’autres, se sont aussi fait un peu avoir. »

        Bref, VL, mon article sert à ouvrir les yeux sur un charlatan bonimenteur. J’en suis à 9000 vues, lui peut-être à des centaines de milliers.

        Mais libre à vous de gober comme paroles d’or ce qu’il dit. Pour ma part, je vous suggère de cesser de me lire et d’aller lire dans mon recueil, de vraies réflexions approfondies d’anthropologues et de philosophes reconnus, eux, par leurs pairs ! Là, « ça pense », et d’ailleurs souvent dans votre sens !

        https://danielmusy.net/2020/04/16/articles-philosophiques-et-politiques-en-lien-avec-le-coronavirus/

    2. Bonjour,
      juste un petit commentaire rapide, non pas pour répondre à votre mail entièrement, mais juste pour une remarque concernant la sous-mortalité des pays du tiers-mode. Trois points constituent une base : la membrane des coronavirus est sensible à l’humidité (et donc à la chaleur) ; la démographie est incomparable : si l’on avait une population d’âge médian similaire alors le principal facteur de risque serait très fortement amoindri ; l’organisation sociale diffère en terme de répartition de population, mais surtout en terme de capacité de centralisation de l’information (le recensement est un défi encore mal relevé) et de capacité de dépistage – même a posteriori. Bref : la comparaison est certes un outil scientifique mais dans le cas présent, les pondérations à effectuer pour obtenir une comparaison viable tiendraient d’une forme de modélisation hasardeuse.
      Je vais quand-même préciser que si je suis arrivé sur cette page, c’est parce qu’ayant un profil proche de l’individu dont il est question ici (tout en étant plus diplômé que lui – et de vrais diplômes pour ma part… -, en étant dans la recherche et ayant beaucoup plus de publications – moment pédant de ma part, désolé), j’étais curieux de voir comment son propos pouvait être reçu et remis en cause. Merci à Mr Musy pour son écrit. Je ne comprends pas le silence de la communauté scientifique à l’égard de ce truand.

  11. Bravo pour ce travail fouillé. La majorité de mon entourage se délecte des déclarations souriantes de JDM et mes alertes sur la forme manipulatoire et le fond truffé d’erreurs et contrafictions… ne sont pas entendues tant le discours flatte les a-prioris légèrement paranoïaques et repose l’esprit par la désignation simpliste des  » méchants » ( gouvernements, labos, experts..).
    Merci ! Hélas il faut passer de nombreuses pages de son moteur de recherche ( toutes à la gloire de JDM) pour vous trouver..

    1. Merci Monsieur, mon article n’était au départ , le 1er mai, destiné quà des amis Facebook, il n’a paas été partagé publiquement par moi. Le fait est qu’il se diffuse maintenant par Google si on tape Michel et Mediapart. Je ne me glorifie pas d’avoir plus de 6000 vues alors que je ne dépasse jamais sur mon blog 500 vues. Qu’aviez-vous tapé vous-même sur le moteur de recherche ?

      1. bonjour
        Réponse à votre question.
        sur google en tapant  » jean dominique michel critique  » on vous trouve en quatrième ou cinquième page. ( mais rien sur mon moteur habituel ecosia)
        Ne soyez pas troublés par votre renommée nouvelle car votre effort est salutaire. Il est difficile de trouver
        critique argumentée du discours de cet homme dont la multitude de sites, blogs, et articles à sa gloire sature les moteurs de recherche.

  12. Voici comment M. Gabriel Bender, maître d’enseignement et de recherche à la Haute Ecole Santé Valais, chef du service socioculturel de l’Hôpital psychiatrique de Malévoz, parle de Voici comment M. Gabriel Bender, personnalité valaisanne active dans les milieux de la santé, membre du Ps valaisan, croque le portrait de J.-D.Michel. Il le connaît d’ailleurs de nom comme propriétaire d’un bistrot en Valais…

    AU BISTROT AVEC JEAN-DOMINIQUE MICHEL

    Le 1er mai 2020, Jean-Dominique Michel explique dans son blog que les autorités ont transformé une banale épidémie en crise sanitaire avec des centaines de morts évitables : « Elles ont déclenché un cataclysme nocif et même létal en sur-réagissant. » Il répète plusieurs fois que le Covid est une épidémie comparable aux autres, de l’ordre de la grippe de 2017. Il nous rassure en disant que le Covid frappe des personnes présentant des facteurs de risque et uniquement elles, « 75 % des gens ne se rendent même pas compte qu’elles l’ont contractée. » Pour JDM « L’épidémie de Covid ne se distingue pour l’instant en rien des caractéristiques de l’influenza.»

    Le même Monsieur, dans le même billet du premier mai décrit des scènes de guerre : « Dans certains Ehpad, un tiers des résidents gisaient morts sur leurs lits tandis que les pompes funèbres ne venaient plus les chercher, que le tiers des professionnels étaient eux-mêmes malades ou n’osaient plus venir travailler et que les résidents survivant(e)s vivaient terrés et isolés dans cet enfer sur terre. »

    Bizarre pour une vulgaire grippe.

    Plus loin on lit une description qui semble sortie des tranchées de Verdun : «Les bataillons de soignants sont envoyés au front comme une armée de malheureux, parfois même dépourvus des plus élémentaires moyens de se protéger. Et qui, mus par leurs valeurs fondamentales et un sens héroïque de leur vocation de soignants, se lançaient dans leur mission de soins et d’assistance au prix de leur vie…»

    De plus en plus bizarre pour une grippette.

    Jean-Dominique Michel se contredit méchamment. Dans ses trop longs textes. Il y a beaucoup de vérités, des allusions subtiles et des conneries. Le tout tient ensemble par une langue très habile. Il aime écrire et ça se sent. Il aime parler. Et il parle très bien.
    JMD se présente ou se laisse présenter tantôt comme anthropologue, ou comme un des meilleures spécialistes de la santé au monde, un épidémilogiste, un scientifique, un chercheur, etc
    .
    Hors à regarder son CV ses publications et ses communications, il n’a quasiment jamais publié dans une revue d’anthropologie, il n’a jamais participé à un colloque scientifique, il n’a jamais conduit de recherche en Santé publique (ou alors j’ai mal lu).

    Il témoigne de son expérience dans le domaine du travail social dans des programmes de formation, donne des conférences new âge sur l’art de bien vivre en respectant les principes de la spiritualité. C’est une très bonne initiative. La spiritualité est une des clés de la santé et il y a dans le domaine des recherches prometteuses. Pourquoi apparaitre aujourd’hui comme un grand savant ? Alors qu’il est un excellent vulgarisateur. C’est déjà formidable merci. D’ailleurs il se définit ainsi sur son site : « Je suis anthropologue, consultant et entrepreneur, j’explore depuis trois décennies les déterminants de la santé et de la performance humaine. J’ai occupé différentes positions de direction et d’administration de sociétés et créé des dispositifs et structures innovants dans les secteur privé et parapublic. »

    Pas un mot sur des recherches.

    Ce Monsieur que je ne connaissais pas a un côté fanfaron qui dit tout et son contraire pour amuser la galerie. Il profite de la crise pour montrer sa gueule qui est fort bien réussie d’ailleurs.
    Jean-Dominique Michel aurait plutot tendance à me courir sur le fil s’il n’était pas le proprio du café mont-fort à Sarreyer, un endroit très sympa. De plus, on y mange très bien. Des fois Jean-Dominique Michel y pousse la chansonnette avec la guitare.
    Un mec qui investit et chante dans les bistrots de village a bon fonds ou alors c’est Ted Robert.

  13. Un de mes amis professeur de philosophie fait cette réflexion qu’il me laisser publier ici :

     » J’ai lu ton article sur JD Michel. La déconstruction qu’il opère est intéressante, mais ne convaincra ni les pro Raoult ni les pro Michel parce que, malheureusement, tout débat est aujourd’hui insidieusement miné par des positions idéologiques assez étrange.

    Pour faire vite, mais cela nécessiterait un développement, nous avons affaire à deux types de discours : le discours dominant incarné par deux instances, le médical et le politique, très « épurées » : ce sont pratiquement toujours les mêmes personnes qui prennent la parole et sont consultées. Ce pouvoir est relayé par l’information (télévision surtout) qui, peu à peu, dès le début de la crise, est en quelque sorte un instrument de « propagande » aux visées anxiogènes (faire peur à la population pour qu’elle respecte les règles du confinement) avec des journaux télévisés tous formatés de la même manière, avec le même traitement abrupt des chiffres, le même effet loupe des images choisies dans cette perspective. Ce discours dominant repose sur les principes suivants : « nous avons fait ce qu’il fallait, nous sommes en train de prendre le contrôle de la situation, si vous respectez les consignes nous vaincrons le virus. » Ajoutons encore, pour parachever le tableau, le retour en force (inutile) de l’armée et de la police. Cette reprise en main n’a jusqu’ici guère été interrogée, à quelques exceptions près. C’est pourtant elle qui suscite beaucoup de question. Ainsi, les conférences de presse conjointes du Conseil fédéral et de l’OFSP avec un public de journalistes et de questions triés sur le volet.

    De l’autre côté, on a vu surgir des Raoult ou des Michel (ce dernier adoptant pour partie la posture du premier) qui, surfant sur la vague des réseaux sociaux, ont fait entendre des voix très discordantes au milieu de ce discours officiel, qui élude sans doute un certain nombre de vraies questions. Ces derniers, à l’instar d’autres grands experts médicaux, épidémiologistes et autres, drapés dans leurs chiffres, leurs courbes et leurs projections, leurs arguments d’autorités très très discutables (« tous mes collègues épidémiologistes sont d’accord là-dessus et pensent la même chose » cf une séquence d’Infrarouge que tu cites) ont saisi la « formidable » chance que leur offrait cette crise. Cette chance, être enfin reconnu, parfois au niveau mondial, bénéficier d’une tribune messianique.

    Et puis, il y a les autres, dont on ne parle guère parce qu’ils ne font pas le buzz, parce que ce ne sont pas des apparatchiks ou des zélotes du pouvoir qui, eux aussi, cherchent à être dans la lumière. Parmi ces voix essentielles, que, pourtant, on entend peu, il y a des penseurs, des philosophes,dont l’analyse, souvent décapante, remet les choses dans une perspective d’ensemble – ce que les grands experts officiels n’ont que rarement fait. Citons-en quelques-uns, le philosophe allemand Byung-Chul Han, les philosophes italiens Emanuele Cioccia et Giorgio Agamben, l’anthropologue Frédéric Keck, André Comte-Sponville, l’historien de la médecine Vincent Barras, plein d’autres encore.

  14. « Pourquoi tant de haine » contre JD Michel ? Au pire, il tente de se faire mousser en s’attribuant des titres et des compétences qu’il n’a pas, et alors ? Il ne nuit à personne. Il n’appelle pas à la rébellion contre les règles du confinement. Il tente de rassurer les angoissés en leur permettant de relativiser les chiffres de la macabre litanie et de calmer leur panique. Son audience est peut-être due au fait qu’il conforte ceux qui pensaient déjà comme lui, parmi lesquels il n’y a pas que des irresponsables ce me semble.

      1. Bonsoir, « pourquoi tant de haine » (entre guillemets) n’est qu’une formule bateau employée pour tous les thèmes d’actualité qui font polémique et au sujet desquels les esprits s’échauffent. Vous n’exprimez pas de HAINE à proprement parler, mais votre critique est très acerbe (bonimenteur fumeux, délirant complotiste etc) J’ai seulement écouté deux interviews de JDM sur Athle.ch et je n’ai pas compris que ses propos plutôt modérés – et ne faisant de mal à personne – déchainent une telle animosité. Simple questionnement de ma part, sans plus !

  15. Dans un article intitulé JEAN-DOMINIQUE MICHEL : IMPOSTEUR DE L’ANTHROPOLOGIE MÉDICALE paru sur ce site https://menace-theoriste.fr/jean-dominique-michel-imposteur-de-lanthropologie-medicale/?fbclid=IwAR1uX_rxfgU6M6gAz0gFwEAVi_WbLpqcIetzb-EEdzebxoLLSvyaoP5Q48A, on peut lire la formation de l’oiseau Michel telle qu’elle apparaît sur son CV Linkedin.

    1987 Certificat en études théâtrales
    1988 Certificat en études cinématographiques
    1991 Brevet d’Instructeur suisse de ski et patente vaudoise de Maître de ski
    1992 Certificat en anthropologie
    1994 B.A. en Arts et Sciences. Université de Montréal, Québec
    1994 Certificat en ethnolinguistique – Psycho-Physics Academy, Londres
    1995 Master en anthropologie Psycho-Physics Academy, Londres
    2006 Formation en bio-généalogie Esclarmonde, Genève
    2011 Diplôme de praticien en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
    2013 Diplôme de formateur en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
    2016 (en cours) Licence en théologie et sciences religieuses Université dominicaine internationale et Université de Lorraine
    2016 Diplôme de formation en R.E.M.A.S. (reprogrammation émotionnelle par les mouvements alternés et la sophrologie) MD Consultation Institution de Santé (Genève) Technique développée dans la continuité de l’EMDR, permettant de traiter les états de stress post-traumatique et les perturbations émotionnelles récurrentes. D’autres domaines d’indications pertinents sont la gestion de l’anxiété et du stress ainsi que la préparation mentale.

    Voici les commentaires très fins de l’auteur de l’article que je cite, un certain Zététique :

    Que peut-on tirer de cela ?
    — JDM évoque un “certificat en ethnolinguistique” et il est difficile de comprendre de quoi il s’agit. A priori, un ethno-linguiste (ça existe) devrait être docteur en ethnologie ou en sciences du langage. Mais quid d’un “certificat” ? L’institut censé avoir délivré ce diplôme est une étrange « académie Psycho-physique » située à Londres. Nous y reviendrons plus tard.

    — Plus grave, peut-être, la formation en bio-généalogie est, sans ambiguité, de signature pseudo-scientifique ; la structure Esclarmonde est avant tout une plateforme de promotion de la naturopathie, de l’homéopathie et de la radiesthésie. À partir de là, on ne peut plus regarder ce CV comme celui d’un scientifique ou d’un expert “normal”.

    — Concernant « l’Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution » de Genève qui aurait délivré un diplôme de formateur à JDM en 2013, une recherche google renvoie uniquement vers des pages dédiées à JDM lui-même. Étrange. L’ancien nom de cet institut est « Institut de mémothérapie » (source). Or JDM est présenté comme le président de cet institut de mémothérapie dans la biographie d’une conférence donnée en 2015 sur le thème “Produit Intérieur Brut ou Bonheur Intérieur Brut ?”. Ce titre de président ne se retrouve pas ailleurs. Pourquoi ?
    Le concept de « Thérapie d’évolution» ne renvoie vers aucun contenu scientifique, mais on retrouve les mots clef sur des sites ésotériques de soin de l’aura par des “thérapies énergétiques”.
    La page Facebook de l’institut de mémothérapie, suivie par 29 personnes, indique qu’il est dirigé par un certain Michel Carayon. Ce monsieur a écrit la préface du livre de JDM sur les chamans. Michel Carayon est publié par les Editions Universitaires Européennes ; derrière ce nom ronflant se cache une revue prédatrice dénoncée par l’université de Genève. Le premier élément visible sur cette page est la vente d’un séminaire de 300 à 1000 euros pour une semaine sur « choisir d’être heureux, évoluer des émotions vers les sentiments, ou comment faire plus de place à la joie dans notre quotidien ».La page partage des contenus discutables, notamment des allégations de soin de la covid19 avec des méthodes alternatives. Le site de l’institut (https://www.memotherapie.net/) précise ce qu’est la mémothérapie :
    « La mémothérapie est le résultat de quarante ans de recherche et de travail sur les émotions et la mémoire du corps reliée à d’autres mémoires plus subtiles (inconscient personnel, inconscient collectif, anamnèse de vies antérieures par le Lying) ; le travail analytique permettant l’élaboration et l’intégration des ressentis et des prises de conscience progressives. » Nul besoin d’aller plus loin pour comprendre qu’on a affaire à une pratique pseudo-scientifique, et surtout à une fausse médecine puisque des allégations de soins sont proférées. L’éthique déjà discutable du propriétaire de ce CV devient un véritable problème.

    — Concernant le Diplôme de formation en R.E.M.A.S. (reprogrammation émotionnelle par les mouvements alternés et la sophrologie) obtenu chez MD Consultation Institution de Santé (Genève), signalons que la sophrologie est une pseudo-science caractérisée, et même un ésotérisme masqué. Cette fois, l’existence de l’institution est moins douteuse ! Une recherche de la formation REMAS envoie vers une page qui précise que cette formation dure 2 demi-journées. Je répète : 2 demi-journées. On n’est pas formé à “reprogrammer les émotions” des gens en deux demi-journées, en tout cas devrait-on se retenir de le faire croire dans un CV destiné à montrer que l’on est compétent sur les questions de santé publique. Pour en savoir plus sur cette formation : détails.

    — Pour se dire “anthropologue” il faut normalement un doctorat. Un tel diplôme ne figure pas dans cette liste, mais plus loin sur la page LinkedIn un élément de confusion pourrait être interprété comme tel. Il est à nouveau fait mention de la “Psycho-Physic Academy” et d’un “diplôme d’études supérieures en anthropologie de la santé” obtenu en 1995. Cette academy est en réalité une entreprise qui n’a existé que de 1993 à 1998 et dont on se demande si elle peut réellement délivrer un diplôme (a priori il y a peu de chance !). On peut trouver des informations sur les liens suivants :https://www.nexok.co.uk/company/02815325/psycho-physics-academy-limited
    http://www.companiesdb.org/company-psycho-physics-academy-limited.html
    On trouve une collection de livres aux “Psycho physics academy press” avec un livre référencé par Google : « L’alogique du corps – taxinomie et mythanalyse des techniques du corps contemporaines » écrit par Paul Gérôme (ou Jean-Paul André Gérôme), qui est justement l’un des directeurs de “l’académy” !
    Sur une capture de la page LinkedIn que l’on nous a procurée figure le nom de Paul Gérôme sous l’intitulé “directeur de recherche” du diplôme obtenu par JDM, mais aussi deux autres noms, Gilbert Durand, docteur en anthropologie de l’université de Grenoble et Michel Maffesoli, célèbre pour avoir donné un doctorat de sociologie à l’astrologue Elisabeth Teissier. La présence de ces noms est quelque peu bizarre et devrait être interprétée comme l’implication de ces deux chercheurs dans le travail ou dans le jury qui l’a noté.
    Pour comprendre ce qu’il en est, il faut fouiller le parcours de Paul Gérôme. En 1981, Paul Gérôme a défendu une thèse de 3ème cycle en art, intitulée “Anatomies fantastiques” sous la direction de Gilbert Durand et en 1988 une thèse d’Etat en sociologie ” Taxinomie et mythanalyse des techniques du corps contemporaines” sous la direction de Michel Maffesoli. C’est cette thèse qui a abouti au livre référencé aux “Psycho physics academy press”.
    Une interprétation charitable serait que JDM a voulu faire apparaître le patronage indirect de ces chercheurs en les mentionnant en dessous de Paul Gérôme, sous la mention du “travail de recherche” que celui-ci aurait encadré. C’est une pratique anormale. Du reste ces deux noms ont désormais disparu de la page LinkedIn de JDM.

    Non seulement rien de tout cela n’indique la moindre compétence de JDM en anthropologie, ni sur les questions de santé. Mais toutes les alarmes s’allument. Disons-le clairement, nous avons affaire à un profil qui a tout de l’imposture.
    Les deux versions successives de la présentation de son “diplôme d’études supérieures” délivrée par la “Psycho-Physics Academy”
    Non seulement rien de tout cela n’indique la moindre compétence de JDM en anthropologie, ni sur les questions de santé. Mais toutes les alarmes s’allument. Disons-le clairement, nous avons affaire à un profil qui a tout de l’imposture. »

    Merci cher Zététique ! (Zētētikos (qui cherche / curieux). La zététique consiste à questionner les raisons pour lesquelles nous pensons que quelque chose est vrai. Malgré son nom un peu exotique, la zététique n’est rien d’autre que la méthode scientifique (hypothético-déductive) appliquée à toutes sortes de questions qui peuvent nous sembler a priori étrangères à la science.)

  16. Je ne connais ni Jean-Dominique Michel ni ses oeuvres. Une exécution sans circonstances atténuantes, sûrement méritée, s’il est une vedette des réseaux sociaux. Je les ai fréquentés quelques semaines, assez pour regretter qu’un outil si extraordinaire soit, comme de nombreuses inventions humaines, si mal utilisé.

  17. On est en droit d’avoir des réserves sur Jean-Dominique Michel. Néanmoins, il est très comique de constater que Daniel Musy reproche à JDM son « narcissisme exacerbé », le taxe d’être un « simple blogueur » sur son… blog… et questionne sa qualité d’expert (alors que DM se réfère à des définitions tirées de Wikipédia) !

    1. Bonjour cher Aurélien, votre aimable remarque (aimable parce que vous avez pris le peine de lire mon article jusqu’au bout) ouvre le débat sur des thèmes importants aujourd’hui quand on agit à travers les réseaux sociaux donc quand on accepte d’entrer dans un rapport plus ou mois narcissique à soi.

      Le « narcissisme » d’un blogueur, d’un Facebookeur, d’un Tweeteur, d’un Linkedineur et d’un Instagrammeur est consusbstantiel à l’utilisation de ces cinq réseaux. En effet, ils fonctionnent les cinq notamment (mais pas seulement) sur l’image qu’on veut donner de soi et qu’on retrouve dans le miroir que nous tendent le nombre de vues. Pourrais-je nier que les 10’000 vues de mon article me font plaisir ?

      Je n’ai pas partagé mon article de manière publique sur FB (seulement en privé) et l’ai partagé sur Tweeter. Je le destinais à un public local mais la diffusion s’est emballée et j’en suis aujourd’hui à. Est-ce que je risque pour autant de tomber dans la mare ? Non car l’article était classé dans la catégorie « Politique » de mon blog et pas culture. Le pensée populiste doit être combattue, parfois avec certaines armes de combat.

      D’où, car je devais aller vite, le recours bien discutable à Wikipédia pour définir le populisme. Je vous laisse le soin de trouver sûrement mieux. Je ne suis expert en rien, je n’ai aucun autre intérêt que d’ouvrir les yeux des lecteurs sur un blogueur dont la pensée approximative se diffuse de manière impressionnante. Et en tous cas, je n’aurais jamais, surtout devant un lecteur comme vous, l’outrecuidance de me définir comme « philosophe », ce que je ne suis pas. Même si j’ai enseigné la philosophie dans le lycée que vous avez fréquenté avec succès… Bonne continuation.

  18. Merci et bravo pour le long travail qu’a dû représenter la rédaction de cet article. J’ai aussi estimé JDM narcissique dans sa première vidéo, et complaisant son interlocuteur.
    Dans la 2e vidéo, je l’ai trouvé séducteur (voyant rouge) , d’ailleurs une proportion frappante de commentaires sont le fait d’admiratrices. Après 2/3 de son laïus, sur lequel on peut accorder crédit à ses propos, tout à coup il commet une erreur factuelle totale, affirmant, comme sûr de son fait, avec un petit sourire en coin, genre « on vous a dit le contraire mais moi j’ai mes sources sûres », que les médecins du CHUV et des HUG n’ont pas de chloroquine, ou dérivé, à disposition! Or ils en ont bien fait usage. Qu’ils aient récemment informé qu’ils avaient cessé de la prescrire, faute d’avoir constaté un effet favorable, est une autre histoire.
    Je rejoins M. Bregnard dans quelques-une des ses constatations, sur les qualificatifs employés, par exemple « narcissisme exacerbé ». Trop d’adjectifs et d’adverbes dans ces situations-là, c’est superflu. (Exacerbé ça irait pour Trump ….le plus désinhibé des narcissiques).
    Je trouve que JDM s’efforce bien de ne pas apparaître comme un complotiste, mais ça ressort parfois après de longs discours intéressants, donc c’est confusionniste, et il attire les complotistes comme les fruits fermentés allèchent les drosophiles, donc….Et il pratique allègrement le biais rétrospectif! Malgré tous les efforts faits pour s’informer, il ne rectifie pas le tir quand il le faudrait, fait feu de tout bois, même du faux bois, et malgré tout il lui manque certaines informations factuelles.
    J’ai bien apprécié la plupart des commentaires.
    Meilleures salutations

  19. Cher Monsieur,

    Je ne me prononcerai pas sur le discours de M. Michel, mais une de vos affirmations me touche particulièrement. Vous affirmez que le tiers-monde utilise depuis 70 la chloroquine… C’est tout simplement faux ! Les gens qui utilisent de la chloroquine sont les expatriés qui se rendent dans les zones impaludées et non les locaux qui n’ont pas accès à ces médicaments. La nuance est importante puisque qu’en Afrique, l’utilisation insuffisante de médicaments anti-paludéens a conduit à une adapation du parasite responsable du paludisme et à une résistance au plus dangereux d’entre eux, à savoir le plasmodium falciparum, responsable de la forme dite « palu cérébral » qui est la plus dangereuse. Renseignez vous sur le lariam et ses nombreux effets secondaires dramatiques. Ceci est une réalité et un débat qui ne peut concerner les Africains que dans la mesure où ceux-ci sont condamnés à s’immuniser contre le paludisme, faute d’avoir accès aux traitements adéquats (ou alors il s’agit d’une infinitésimale partie de la population).

    Je crois que la vérité se situe quelque part entre les affirmations assez péremptoires d’un Dr. Raoult et les laboratoires pharmaceutiques. Mais une chose est sûre, tous les médicaments à base de quinine sont neurotoxiques et ont potentiellement des effets secondaires tout à fait sérieux.

    Bien à vous.

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