Saint-Denis, pour oublier Paris une journée


Maintenant que Notre-Dame de Paris est infirme pour plusieurs années, qu’on oublie donc une journée Paris et ses troupeaux ! De la Gare de l’Est à Epinay-sur-Seine, on peut marcher dix-sept kilomètres en passant par Saint-Denis et sa cathédrale dont la pureté de la nef gothique vaut bien Notre-Dame, surtout avec les tombeaux sculptés des rois de France.

Il existe des propositions de randonées urbaines improbables et les dix-sept kilomètres du centre de Paris à la gare « art régionaliste » d’Epinay-sur-Seine paraîtront saugrenus et peu engageants aux amateurs de beaux paysages urbains comme le jardin des Tuileries ou le quai d’Orléans. Et pourtant la seconde partie du parcours traverse le parc de l’Île-Saint-Denis sur la trace des impressionnistes, Sisley notamment.

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On part vers 8 heures de la Gare de l’Est, et par le Canal Saint-Martin, on rejoint le bassin de la Villette avec le pavillon d’octroi néoclassique de Nicolas Ledoux, architecte d’Arc-et-Senans.

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A place de beaux peupliers et d’un chemin de halage bucolique en terre battue, on passe par exemple sous ce pont tagué avant de prendre sur la gauche le canal de Saint-Denis qui  mène, par Aubervilliers et la Courneuve, au stade de France.

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C’est la banlieue nord que Cendrars et Doisneau ont illustrée après la guerre dans un livre « à deux » fameux : la poésie des usines, des quartiers ouvriers et des gazomètres. Cette randonnée est ainsi imprégnée de cette poésie que tout Chaux-de-Fonnier notamment appréciera…

Le stade de France se trouve devant le canal à moins d’un kilomètre de la basilique, atteignable aussi très facilement par la ligne 13 du métro, en 20 minutes de l’île de la Cité.

 » La Basilique cathédrale de Saint-Denis est le premier chef d’œuvre monumental fondateur de l’art gothique au XIIe siècle. Construite sur la tombe de Saint Denis, martyrisé par les Romains au IIIe siècle, la basilique de Saint-Denis est le premier témoignage monumental de l’art gothique. Alors abbaye royale elle illumina l’histoire artistique, politique et spirituelle du Moyen Age. Devenue l’une des principales nécropoles des aristocrates mérovingiens et souverains carolingiens, elle lie définitivement son destin à celui de la royauté sous les Capétiens en devenant le lieu de sépulture des rois de France. Elle abrite plus de 70 tombeaux richement sculptés dont ceux de Clovis, Dagobert, Bertrand du Guesclin, François Ier, Catherine de Médicis, Louis XVI, Marie-Antoinette.  »

 

 

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L’église est extraordinaire de pureté gothique, plus fine et émouvante qu’à Notre-Dame. Comme l’entrée dans l’espace des tombeaux est payante, les touristes sont peu nombreux et il n’y aucune chance d’y voir, comme une fois dans Notre-Dame, des grands flandrins en patins à roulettes.

Et à trois cents mètres, on visite le musée d’Histoire de Saint-Denis, ville aujourd’hui encore communiste, qui se situe dans un ancien couvent de carmélites !

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Il reconstitue en particulier une cellule de nonnes « déchaussées », une ancienne pharmacie et présente une intéressante et complète histoire de la commune de Paris.

Il abrite également le fonds de l’architecte d’intérieur Francis Jourdain et consacre quelques salles à la vie et l’oeuvre de Paul Eluard, né à Saint-Denis.

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La ville de Saint-Denis, rouge et noire, vaut donc le détour malgré sa mauvaise réputation de « cité du 93 ». Zone piétonne sympathique et populaire, affichage culturel municipal et aménagements urbains soignés, café-boutique alternatif, vire culturelle intense, c’est une bain salutaire dans une ville à l’opposé du beaux quartiers parisiens. Et pourtant qui vit, elle !

Le périple se poursuit par le canal Saint-Denis, en rejoignant la Seine à l’Île-Saint-Denis, une ville située, comme on le voit sur la carte, sur une langue de terre au milieu du fleuve coupé en deux jusqu’à Epinay. Nous ne sommes par très loin de Saint-Ouen auquel j’ai consacré récemment une chronique gastronomique.

On peut même, devant le monument aux morts, croquer un morceau vers 14 heures, dans ce charmant bistrot, le Bel Avenir …

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On traverse un beau parc aménagé par le département avec des vues « impressionnistes à la Sisley » sur la Seine.

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Et on rejoint la gare RER d’Epinay-sur-Seine qui réserve une magnifique surprise aux Chaux-de-Fonniers : un bâtiment construit en 1907 dans le style régional mélangeant des matériaux décoratifs tel que la caillasse de Montmorency, la brique émaillée, la pierre de taille, des frises en céramique et une armature en fer.

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En 30 minutes par le RER C, silencieux et presque vide en fin de journée, on rejoint la Tour Eiffel, les Invalides, le Musée d’Orsay ou Saint-Michel.

Bref, tous les quartiers chics ! A moins qu’on ne s’arrête à la porte de Clichy devant le nouveau Palais de Justice construit par Renzo Piano.

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