De beaux typhons verts sur la vague


En chinois, le mot typhon vient du chinois taifeng (vent violent) qui, dans une autre acception, veut dire prestation d’un acteur ou présence sur scène. Le terme convient bien à la vague verte qui a porté sur les rives de l’Aar Céline Vara et Fabien Fivaz. Avec leur président Patrick Herrmann, ils ont crevé les écrans de la TSR où jamais en un aussi court laps de temps des polititien-nes neuchâtelois-es ont été pareillement valorisé-es.

La prestation télévisuelle de ces trois belles personnes a été admirable, chacune dans son registre.

Dimanche 20 octobre, dans la salle des Chevaliers du Château de Neuchâtel, à l’annonce du gain d’un siège au Conseil national, Patrick Herrmann incarne la finesse bienveillante et percutante quand il se régale de l’arrivée de la vague venue d’Allemagne.

 

 

Lundi 21 octobre, sur le plateau de la TSR, Céline Vara s’exprime après la diffusion du film qui lui a été consacré, Votez pour moi. Je reste sur mes positions quant à son expérience politique  mais j’ai été impressionné par la qualité de sa campagne, comme si son président et sa mentor, Nicole Baur, avait calmé sa fougue intempestive. Elle y a incarné de manière séduisante l’immédiateté décomplexée, comme dans cet extrait.

 

 

Mercredi 23 octobre dans Infrarouge, l’expérimenté Fabien Fivaz, un ami politique de toujours, est au sommet de son art. Il est l’inverse de Céline Vara et cette complémentarité de genres et de styles a porté la liste verte. Ici, quand il dit « On se calme quand même », il incarne sa qualité majeure, la lucidité distancée offensive. Mémorable moment !

 

 

Ainsi, en glissant, bondissant, courant, une belle vague a porté les Verts neuchâtelois à Berne, comme celle chantée par le grand poète chilien Pablo Neruda.

Ode à la vague.
Encore une fois
mon vers se tourne
vers la vague.
Je ne puis m’empêcher
de te chanter,
mille fois mille,
mille fois, ô vague,
fiancée fugitive de l’océan :
vénus verte,
élancée
tu hisses ta cloche,
et de là-haut,
tu laisses tomber
des lys.
Ô lame
Incessante
secouée
par
la
solitude
du vent,
érigée comme une
statue
transparente
mille fois mille
cristallisée, cristalline,
et puis
tout le sel à terre :
le mouvement
se fait écume
puis de l’écume la mer
se reconstruit
et de nouveau ressurgit la turgescence.
Et de nouveau,
cheval,
pure jument
cyclonique
et ailée
la crinière ardente de blancheur
dans l’ire de l’air
en mouvement,
tu glisses, tu bondis, tu cours,
conduisant le traineau
de la neige marine.
Vague, vague, vague,
mille fois mille
vaincue, mille
fois mille dressée
et déversée :
vive
la vague
mille fois immortelle
la vague.
Pablo Neruda, Tercer libro de las odas, 1957.

 

Elle va refluer pendant la législature et qui emportera-t-elle sur son passage dans quatre ans ?

Le parti socialiste neuchâtelois, à la dérive dans cette élection-sanction (et non élection -« avertissement » chère Florence Nater !) ?

Ou les Verts eux-mêmes s’ils déçoivent, s’ils ne concrétisent pas de manière convaincante leur action future dans les exécutifs des grandes communes neuchâteloises, à La Chaux-de-Fonds surtout ?

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