Des vacances en Suisse à prix abordables : un thème politique


En 1965, la Caisse suisse de vacances (REKA) publiait L’Album suisse de vacances, un gros livre vert illustré de toutes les villes et de tous les villages suisses. Je l’avais reçu de mes grands-parents pour mes dix ans et il ne m’a jamais quitté. Sa valorisation des beaux paysages suisses est aujourd’hui d’actualité à l’heure des calculs de nos empreintes carbone.

Son introduction, remplie de présupposés discutables de l’époque, commençait ainsi : « Il n’est guère d’autre pays que la Suisse à pouvoir se vanter de réunir autant de beautés naturelles en un espace aussi restreint. Sans doute nous manque-t-il la fascinante majesté de la mer. Mais l’extraordinaire variété et la richesse de nos paysages, de nos vallées, collines et montagnes, de nos torrents, rivières et lacs, de nos hameaux, villages et villes, de nos trésors artistiques et centres culturels, auxquelles s’ajoute la diversité de nos coutumes populaires et de nos traditions nous offrent tant de possibilités de nous récréer et d’enrichir nos souvenirs et nos connaissances que nous pouvons nous demander à bon droit : « Pourquoi aller chercher si loin ce qu’on peut trouver tout près ! » Loin de nous la pensée de vouloir empêcher nos concitoyens d’aller passer de belles vacances à l’étranger. Au contraire, nous sommes persuadés que des vacances hors de nos frontières ne peuvent que profiter à chaque Suisse et élargir ses horizons. Il est certain que les nombreuses et attirantes propositions de voyages et de vacances à l’étranger par chemin de fer, par la route ou par l’avion répondent à de profonds besoins. Mais il faut aussi reconnaître que des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes sont tout simplement entraînées par le courant de la mode et attirées vers Ajaccio, Juan-les-Pins ou Palma de Majorque parce que d’autres y vont. C’est égal. Très souvent, nous ne découvrons les trésors que recèle notre pays, ou du moins ne les estimons à leur juste valeur qu’une fois que nous disposons de points de comparaison avec ce nous avons vu à l’étranger. » 

Il est curieux que dans la campagne politique nationale qui se termine aucun parti politique n’ait développé ce thème : « Des vacances abordables pour tous en Suisse, à la découverte de trésors méconnus ».

Ils auraient pu inciter la Confédération, les cantons, les compagnies de transport, les hôteliers et restaurateurs à développer et offrir encore davantage des prestations très abordables pour les résidents suisses. Tout reste à faire car malgré les villages de vacances REKA, la carte Hotelcard, les billets CFF dégriffés et d’autres offres, la Suisse reste chère pour les Suisses au revenu modeste. 

Et pourtant, quelles richesses, quels plaisirs et quelles douceurs en comparaisons avec les destinations massifiées, détruite par le tourisme et la globalisation. 

Par exemple, la vallée de la Léventine, entre Airolo et Biasca, offre des paysages intacts, avec des églises romanes magnifiques, des chemins de randonnée de toutes difficultés, des transports publics efficaces. Ainsi l’incomparable village de Giornico, avec ses églises romanes, dont celle de San Nicola, la plus unitaire de Suisse. Et aussi ses grottos, son musée régional, ses vignes, ses vieilles pierres, son pont sur le Ticino.

Pensons aussi local dans nos vacances. L’éco-responsabilité ne s’arrête pas à notre manière de nous déplacer et de nous nourrir. Imaginons même les lycées cantonaux faire des voyages d’étude dans la Léventine, à Stans, à Trogen ou dans le Val Müstair : j’ai les filons !

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