Marine Le Pen (alias Amène Lepire), aux portes possibles du pouvoir, l’exercera à l’image des autres dirigeants ou candidats d’extrême-droite : Trump (USA), Orban (Hongrie) et Farage (chef du parti britannique Reform). Déjà condamnée pour corruption, elle valorisera le « nativism », avec son corollaire, la stigmatisation de certaines catégories d’habitants de la France.
Le nativism
Le nativism est un terme anglais désignant des politiques de priorité nationale, c’est-à-dire la priorité donnée aux citoyens natifs du pays (ou « de souche ») par rapport aux habitants étrangers ou migrants pour :
– l’accès à la santé, au logement, à l’éducation et à l’emploi ;
– les aides sociales diverses (indemnités chômage, assurances maladie, aides aux familles);
Les gens d’extrême-droite croient légitimes de différencier les gens nés dans leur pays, depuis longtemps ou très longtemps, de tous les autres. Ainsi, un membre vendéen (« de souche ») du Rassemblement national écrit à un élu français du parti Les Républicains (cité par Le Canard Enchaîné du 8 juillet 2026) : « Je suis né à 50 km de l’endroit où je vis. Tous mes ancêtres, depuis le Moyen Âge, ont vécu dans ce même petit pays (…) La France, Monsieur Nasrou, est la juxtaposition de ces centaines de territoire qui font le ciment des ancrages. Personne, de tous les miens et durant tous les siècles passés, n’a jamais émigré. »
La stigmatisation
Doublée d’intolérance, elle se marque à l’égard de toute personne ou de tout groupe social minoritaire dans de multiples domaines qui valorisent les différences ou les positions critiques :
– les non blancs ;
– les immigrés ;
– les minorités religieuses (juifs, musulmans et autres) ;
– les genres (femmes et féministes, gays, transgenres) ;
– les syndicats, les ONG et les écologistes ;
– les juges, les journalistes et les hauts fonctionnaires ;
– les créateurs et acteurs culturels.
La corruption
Des élus ou candidats d’extrême-droite sont corrompus ou corrompent de diverses manières :
– ils s’enrichissent ou enrichissent leurs partis par la captation et le détournement de fonds publics, par exemple européens (Le Pen, Orban);
– ils se font financer par des mécènes millionnaires (Farage) ou sont eux-mêmes milliardaires et s’enrichissent pendant leur mandat (Orban, Trump);
– ils enrichissent leurs affidés avec l’argent public qu’ils gèrent selon des règles mafieuses (Orban, Trump, municipalités française dirigées par le RN.)
Nativisme, stigmatisation et corruption, ces trois invariants des extrêmes-droites, sont en lien les uns avec les autres en ceci :
Le nativism implique automatiquement des différences stigmatisantes qu’on fait entre habitants (d’un État, d’une République, d’un département ou canton, d’une ville) en vue de les discriminer ou de diminuer leurs avantages par rapport aux autres.
La stigmatisation issue du nativism s’effectue notamment par le relais de médias publics, étatiques ou privés dans des structures financées ou aidées par des fonds publics. Structures donc corrompues.
Quant au lien entre nativism et corruption, il est notamment celui-ci : l’argent public de (l’Union européenne ou simplement provenant de l’impôt) sert à financer des politiques étatiques nativistes relayées par des médias ou des sociétés de communication liés aux dirigeants au pouvoir (Trump et Musk, Orban et peut-être Le Pen avec la privatisation du service public de l’audiovisuel).
À l’heure où la France va vivre une année d’élection présidentielle, cet article m’a semblé utile pour contester l’idée que l’extrême-gauche serait pire que l’extrême-droite. Idée qui fait son chemin aussi chez nous et en France, chez des centristes notamment, comme si c’était naturel et historiquement légitimé.
Ces trois invariants ne sont ceux ni de la France insoumise ni de Solidarités en Suisse, tout excessifs – et parfois même pires – que puissent être ces partis.

Un texte vraiment important Daniel. Merci !
En prolongation et pour répondre à ceux qui prônent que « c’est bien les mêmes aux extrêmes », il me paraît utile de lister les points communs et les points différents entre ces extrêmes. On devrait trouver des éléments dans les deux listes et d’autres pas, lesquels? D’autre part, si cette description de l’extrême-droite doit être prise comme grille d’analyse, peut-être faut-il nuancer (quelles que soient nos convictions profondes) les lignes rouges que certains mouvements populistes se fixent face au fascisme (en déclaration opportuniste seulement? en ligne concrète aussi?), pour tenter de rendre compte du succès de ce populisme sur les consciences égocentrées et angoissées de notre époque?
C’est sûr que LFI, par exemple, devrait être analysée dans le retournement qu’elle fait du nativism (« on est chez nous »), dans la stigmatisation occasionnelle de juifs par des boycotts discutables, de certaines « pourritures » de journalistes.