Discussion de la conception de la culture dans le programme électoral du POP


Énorme surprise et énorme déception dans la lecture du programme électoral du POP. Le chapitre « Culture », pourtant annoncé dans la table des matières, est remplacé par un chapitre intitulé « Tissu associatif ». On n’y parle presque pas des institutions culturelles communales, on oublie le projet de La Chaux-de-Fonds capitale culturelle suisse 2025 et on produit une conception floue et non définie de ce qu’est la « culture populaire ».

Depuis 2004 à La Chaux-de-Fonds, le dicastère de la culture est dirigé par des popistes (C. Stähli-Wolf (2004-2006), J.-P. Veya (2006-2016) et T. Bregnard (2016-2020), qui ont considérablement aidé à créer le Centre neuchâtelois des arts vivants, à rénover le Musée d’histoire, à créer un nouveau Musée d’histoire naturelle à l’Ancien Stand. Ces institutions culturelles communales ou paracommunales font rayonner loin à la ronde notre ville malgré des effectifs réduits des équipes.

Il est donc assez curieux que le chapitre consacré à la culture (en tous cas dans la table des matières) ne porte pas ce titre. « Tissu associatif » présuppose que l’action future du POP va donner la préférence aux « cultures alternatives » . (« La Chaux-de-Fonds est une ville de culture, et notamment de cultures alternatives »).

Le POP veut promouvoir la « culture populaire« . Contre une culture élitaire véhiculée par les musées, le TPR et l’ABC ?

Veut-il davantage subventionner les associations au détriment des institutions ? (« Un soutien fort aux associations locales et à leurs initiatives, ainsi qu’une augmentation de leurs subventions « ).  Tout cela est flou et non argumenté.

Voici de larges extraits de ce chapitre « Tissu associatif » :

« La Chaux-de-Fonds est une ville de culture, et notamment de cultures alternatives. Comptant de nombreuses et nombreux artistes, des loyers modérés, des lieux de création et d’exposition dans tous les domaines artistiques, notre ville offre un environnement agréable et accueillant pour toute activité créative (…)

Les activités culturelles et sportives sont un indicateur de la vie d’une ville, une des raisons d’y venir et un facteur d’intégration. Dans notre ville, ces activités sont le plus souvent portées par des associations de bénévoles qui organisent de nombreux événements culturels, sociaux ou sportifs. Ces bénévoles contribuent à faire rayonner leur association et, à travers elle, La Chaux-de-Fonds elle-même. La Plage des Six-pompes ou Ludesco, par exemple, n’existeraient pas sans leurs bénévoles. Les deux événements se sont imposés comme des moments de rencontre symboliques et rassembleurs pour toute notre cité.

Ces associations chaux-de-fonnières doivent absolument être soutenues, et ce d’autant plus après la crise du COVID-19, qui en a mis plusieurs à mal en les forçant à annuler leurs événements. Ce soutien est essentiel pour le POP, dont nous rappelons qu’il s’est opposé à la facturation du matériel que la Ville met à disposition des associations. (…)

Enfin, de nombreuses associations chaux-de-fonnières véhiculent une histoire populaire. Ainsi, La Plage fut créée pour permettre aux personnes n’ayant pas les moyens de partir en vacances de se rendre « à la plage ». Le club de boxe propose des cours à bas prix, notamment aux migrant·e·s. Le Collège musical propose des prix bas, fixe ceux-ci en fonction des salaires des parents et le concept pédagogique qu’il a développé depuis des décennies est pensé de manière à permettre à toutes les couches sociales d’accéder à la culture musicale, notamment en pratiquant un instrument. Toutes ces initiatives sont construites sur des idées de partage, de justice sociale, d’intégration et d’égalité, qui visent à soutenir les plus défavorisé·e·s. Nous nous reconnaissons pleinement dans ces valeurs et nous engageons sur le terrain politique pour soutenir ces associations et ainsi favoriser une culture et un sport populaires, à destination de toutes et tous.  (…)

Nous voulons :

Favoriser les activités à destination de toutes et tous, en particulier des populations précaires, pour favoriser leur intégration(réfugié·e·s notamment) (…)

Un soutien à la Bibliothèque de la Ville et aux Bibliothèques des jeunes ainsi qu’aux musées et zoo de la ville (…)

Une offre culturelle et sportive adaptée à toutes et à tous notamment par une promotion du sport et de la culture populaires (…)

Un soutien fort aux associations locales et à leurs initiatives, ainsi qu’une augmentation de leurs subventions. 
 »

 

La question politique essentielle devrait plutôt réfléchir au poids des charges culturelles dans les dépenses globales de la ville. Comment réagir quand, lors de crises économiques, on veut toucher la culture pour préserver les missions dites indispensables ? Il s’agit donc de savoir si l’on veut un pourcentage minimum dévolu à la culture dans notre ville.

Actuellement, le chiffre de 5,5 % de dépenses culturelles globales peut être avancé pour tous les services (affaires culturelles et subventions, bibliothèques et archives, musées et zoo). Dans cette fourchette ne sont pas comprises les charges liées à des activités rayonnantes (diverses fêtes (de Mai, Braderie) ou à des manifestations sportives ou ludiques (Trotteuse, Ludesco).

De même, il faut considérer des charges liées indirectement à l’offre culturelle : entretien des espaces publics ou de certains bâtiments (Maison du Peuple, Abattoirs, Usine électrique…) ou mise à disposition gratuite ou à loyers symboliques de certains lieux (Fab Lab à la Maison du Peuple, QG aux Abattoirs, les collèges pour le Collège musical, …). Il y aussi le travail des services non liés directement à la culture mais encadrant l’offre culturelle : services de la communication, d’urbanisme (patrimoine, aménagements urbains, marketing urbain et tourisme), des espaces et de la sécurité publics, des bâtiments et du logement.

Ces 5,5 % environ sont inférieurs à ce que dépensent d’autres villes (Neuchâtel : 7 %). Il faudrait avoir comme feuille de route la mission de garantir un pourcentage minimum de dépenses pour la culture, ou du moins un pourcentage équitable, en fonction des baisses et des hausses des charges globales des deux villes.

De plus, il faudrait se déterminer sur la part dévolue au budget des affaires culturelles et aux subventions.

Sur les 12,58 millions budgétés en 2018 pour la culture, 51,2 % vont aux musées et zoo, 28,1 % aux bibliothèques et archives, 20,7 % aux Affaires culturelles (fonctionnement du service et surtout toutes les subventions). Faut-il éviter que les subventions diminuent proportionnellement plus que les moyens alloués aux institutions communales ? La feuille de route devrait éviter que le budget des Affaires culturelles, comprenant toutes les subventions, diminue proportionnellement plus que les autres postes budgétaires; il  faut éviter qu’il soit inférieur à 21-22 %.

 

Dans le programme du POP sont absents également des thèmes essentiels de gauche, pourtant défendus par Théo Bregnard, récemment ou depuis bien longtemps. La preuve est en le long compagnonnage que j’ai avec lui sur ces sujets depuis nos séances de comité à l’ABC vers 2000.

J’en mentionne quelques-uns, qui ne figurent pas dans un programme semblant se méfier des mots « culture », « arts », « institutions », « création ». Comme si ces concepts fleuraient l’élitisme, le « non populaire ».

1. La Chaux-de-Fonds, ville suisse de la culture 2025

Le grand projet de Théo Bregnard et du Conseil communal est de faire de notre ville la ville suisse de la culture 2025. À cet effet a été choisie l’association La Marmite pour préparer un projet de candidature. Dans son communiqué de début juin, le Conseil communal écrivait : « Cette association a séduit par la pertinence de ses réflexions culturelles et citoyennes, l’étendue de son réseau, sa vision participative et ouverte aux actrices et acteurs de notre ville et sa conviction du potentiel singulier de La Chaux-de-Fonds. »

« Donner de la visibilité aux « sans-part » (Jacques Rancière), de l’audibilité aux « sans écoute » (Erri De Luca) et pourvoir à leur inscription sensible dans l’horizon démocratique. », tel est l’objectif de Matthieu Menghini et de son équipe.

« Université populaire nomade de la culture, mouvement culturel, artistique et citoyen, La Marmite offre des parcours culturels pluridisciplinaires, sensibles et intellectuels à des groupes – issus d’associations – assemblant des personnes d’âges divers généralement en situation de précarité et/ou peu présentes dans les institutions formelles de la démocratie (familles du quart-monde, victimes de violences domestiques, exilé.e.s, jeunes en situation de décrochages scolaire et social, personnes en situation de handicap, personnes souffrant d’addiction, minorités visibles et invisibles, etc.). Chaque groupe achève son parcours par la cristallisation de l’évolution de ses représentations et sentiments dans une forme réalisée en dialogue avec un/e artiste. La Marmite opère également comme pôle de conseil et de ressources contribuant à la pensée des possibles et des apories de la participation culturelle.

La Marmite prévoit qu’une oeuvre d’art– fruit d’une création partagée entre les participants et des artistes – cristallise l’évolution des représentations et sentiments des groupes sociaux sur une thématique d’un intérêt existentiel et citoyen. Elle entend contribuer à la génération d’« une nouvelle (culture) en libérant les paroles enfouies, décalées, marginalisées, réprimées » (Lionel Arnaud).

Il est donc inexplicable que ce projet de ville suisse de la culture 2025 n’apparaisse pas du tout dans les priorités du POP, qui n’en pipe mot.

 

2. Soutenir la création du centre helvétique des Arts de la rue

Voici un autre grand et beau projet populaire en lien avec le rachat du Pantin par l’association de la Plage des Six-Pompes. Rien là-desssus non plus dans le programme du POP, pourtant très lié à la culture « populaire« .

 

3. Considérer la mission du TPR comme une mission de service public (accueil, création et diffusion de spectacles, centre de formation)

Évoque-t-on une seule fois dans le programme du parti ouvrier et populaire le Théâtre populaire romand qui, avec d’autres centres de création, ne sont pas satisfaits du projet de loi cantonale d’aide à la culture concoctée par le faible Alain Ribaux ? Une pièce d’un auteur contemporain est-elle moins estimable (car moins moins « adaptée à tous« ) qu’un spectacle de rue ? L’art sous toutes ses formes, dans l’exigence créative luttant contre le facilisme, la consommation culturelle et les stéréotypes, ne mériterait-il pas mieux dans les lignes du POP ?

À partir du moment où le concept d' »art populaire » n’est pas développé dans ce programme, on reste non seulement dans le flou mais dans une apparente méfiance à l’égard de formes artistiques exigeantes er complexes. La dialectique instaurée dans les années soixante par Antoine Vitez entre « élitisme » et « démocratie » paraît à des années lumière des préoccupations popistes de ce programme.

 

4. Améliorer les liens entre l’École obligatoire et les musées-bibliothèques dans l’accès à l’art, l’histoire, la science, la technique et le monde des livres

Théo Bregnard, je le félicite, fut un des fers de lance, par une fameuse motion, de l’obligation pour l’Ecole obligatoire d’aller visiter les musées de la ville. Il a impulsé pendant cette législature des avancées significatives. Mais ne faut-il pas aller plus loin dans la résistance à la consommation culturelle par les jeunes, dans l’exigence d’offrir à l’école un accès aux grandes oeuvres de l’humanité et de notre patrimoine ?

 

5. Créer des liens entre le futur zoo-musée et les parc régionaux

Le même cher Théo, un ami de toujours que je ne vois pas se reconnaître dans le programme de son parti, entrera dans l’histoire culturelle de la ville pour avoir réussi à monter à moindres coûts le projet du futur zoo-musée. Pas une ligne du programme pour articuler cette nouvelle institution aux parcs naturels du Doubs et de Chasseral, aux multiples réseaux de connaissance et de protection de l’environnement.

 

6. Pérenniser l’existence de bons ou carnets culturels donnant droit à des entrées gratuites pour des familles dans des musées.

Mon idée de créer un carnet familial culturel et sportif a été partiellement mise en oeuvre cet été après douze ans d’attente. Chaque ménage (et non chaque famille) a reçu des bons d’entrée gratuite pour les pisicnes, patinoire et un musée (et non tous les musées). Dans son programme le POP ne propose rien sur les coûts générés par les prix d’entrées des théâtres, concerts, musées et cinéma. Une culture « populaire » passe par une action des pouvoirs publics pour rendre peu onéreux ou même gratuites certaines prestations. À Genève par exemple, comme à Londres d’ailleurs, l’entrée aux collections permanentes des musées est gratuite.

 

En résumé ce chapitre du programme popiste est un mystère total. Voudrait-il savonner la planche de Théo Bregnard, voudrait-il sous-entendre l’idée que la « culture » et les beaux-arts » sont par essence bourgeois, élitaires et produits du système marchand capitaliste qu’il ne s’y prendrait pas mieux !

J’ai l’impression qu’il est rédigé uniquement pour aller à la pêche des électeurs de « cultures alternatives » et des associations en manque de subventions. Il est donc sectoriel, manquant de vision politique d’ensemble et ne s’engage pas pour la défense des projets portés par son conseiller communal.

Je me réjouis d’éventuellement engager un débat de fond sur ce blog.

 

Le 14 septembre, le POP actualisé son programme : le chapitre « Tissu associatif » a été remplacé par « Tissu culturel ». Mais toujours pas un mot sur le soutien au projet 2La Chaux-de-Fonds ville culturelle suisse 2025″.

 

 

 

 

 

 

 

 

7 commentaires

  1. Peut-être s’agit-il d’une réplique politique à la notion de culture bling bling que le canton a élaborée au grand désespoir des acteurs de la branche, professionnels ou pas. J’ai confiance! La Ville continuera de faire sa part.

    1. Je ne comprends pas comment Théo Bregnard soutient ce programme et me réjouis d’en débattre avec lui sur ce blog puisque les arguments peuvent être davantages développés que sur FB ! Votee hypothèse est crédible et peut en tous cas attirer des suffrages.
      !

  2. Cher Daniel,
    J’adore ton combat et respecte tes engagements politiques mais franchement ton billet est profondément injuste.
    Tu prétends que nous opposons culture populaire et culture élitaire ce qui est faux à aucun moment nous faisons cela bien au contraire. D’ailleurs à ce propos, rappelons que le TPR se revendique de la culture populaire tout comme l’ABC et tant d’autres institutions de la Ville. Nous les avons toujours soutenues et les soutiendrons toujours. Si tu observes nos photographies il y en a une devant le TPR, une devant le MBA, une devant le théâtre, une au Club 44( qui n’a finalement pas pu être intégrée), une devant le MIH, une devant les Anciens Abattoirs. Je crois qu’il est difficile d’afficher davantage un soutien à ces institutions et à la culture dans son sens le plus large. Nous soutenons à la fois l’art contemporain, l’art classique, le théâtre sous toutes ses formes, les espaces muséaux et les espaces de débats et de conférences de haute volée, les arts de rue, populaires et le milieu associatif que nous n’opposons pas bien au contraire.
    Deux revendications démontrent également que nous touchons à toutes les sphères (mais nous ne pouvions faire un roman et tout détailler ): 1. Un soutien à la Bibliothèque de la Ville et aux Bibliothèques des jeunes ainsi qu’aux musées et zoo de la ville. 2. Une offre culturelle et sportive adaptée à toutes et à tous notamment par une promotion du sport et de la culture populaires. Nous critiquons également dans le programme la répartition des subventions culturelles dans le Canton notamment pour le MIH, la Plage et les bibliothèques. Nous avons touché à de nombreux aspects et effectivement nous défendons aussi les petites associations, le Collège musical et les arts de rue qui sont malheureusement encore trop souvent en manque de reconnaissance, c’est pourquoi nous avons accentué un peu plus là-dessus mais sans oublier les autres aspects.
    Il est en effet impossible dans un programme de citer toutes les institutions, tous les aspects en lien avec la culure et nous avons dû parfois les regrouper sous des appellations générales. Nos différents conseillers communaux se sont toujours battus pour la Culture avec un grand C et Théo auquel tu t’en prends a réussi à faire aboutir le projet du MHNC, se bat pour que La Chaux-de-Fonds soit capitale culturelle en 2025 et pour faire monter des institutions à La Chaux-de-Fonds.
    C’est bien dommage que tu n’aies pas davantage analysé notre programme avant de faire ce billet que je regrette et qui me déçois. Je te suggère de relire nos propositions et d’en tenir compte dans ton intervention car, en l’état, je n’y vois qu’une posture politicienne pour essayer de nous aliéner les institutions que nous avons toujours soutenues, parfois contre la politique de ton parti que ce soit au niveau cantonal ou, moins souvent, au niveau communal.
    Notre programme, j’espère que tu le reconnaitras, se veut inclusif, il n’attaque personne. Que certaines absences de mentions te gênent pourquoi pas, mais nous préférerions en discuter sur une base d’échange afin de faire de notre ville, une ville optimiste allant de l’avant misant sur une culture plurielle permettant à tout le monde de trouver son compte plutôt que de faire une guéguerre partisane qui ne repose sur pas grand chose et ne nous fera pas avancer.
    Volontiers un café pour en discuter (vendredi prochain si tu es disponible^^).

    Amicalement,

    Julien

    1. Cher Julien, entre ce que tu dis et et ce qu’écrit le programme, il y a un fossé que je revendique avoir cru voir.

      Mon article est l’effet de la stupéfacrtion à n’avoir rien lu sur le grand projet du Conseil communal, la candidature à « Capitale culturelle suisse 2025 » dont je croyais que c’était aussi la priorité du POP.

      Mon article pose des questions de fond sur les répartitions budgétaires. Il ne suffit pas de direr qu’on veut augmentert les subventions !

      Le lire comme une « injustice » à l’égard du POP, comme une critique de l’action de Théo Bregnard est compréhensible de ta part qui est en pleiun dans la lutte pour les élections.

      Ce programme du POP, j’ainpassé des heures à le lire vendredi à sa sortie et ses manques criants m’ont empêché de dormir la nuit suivante. Nous allons en discuter bientôt mais des vacances me sont nécessaires après la conférence de presse de la Fondation CDF-Winti qui a lieu jeudi. A suivre sur les réseaux et le site de la ville. Amicalement aussi ! Daniel

      1. Cher Daniel,

        Merci pour ta réponse qui atténue grandement les commentaires dans ton article. Concernant la Capitale culturelle suisse 2025, je suis entièrement d’accord c’est clairement une priorité pour notre ville et pour le POP. Notre programme étant évolutif, je proposerai une modification allant dans ce sens et te remercie pour ton rappel.
        Cordialement. Julien

  3. Ma voisine de la ruelle des Jardinets, Cécile Guinard, candidate du POP au Conseil général souhaite que le texte suivant soit publié ici :
    Cher Daniel,
    Pour commencer, je te remercie de ta lecture attentive du programme du POP… ton attention allant jusqu’à remarquer l’inadéquation entre le titre tel qu’il apparaît dans la table des matières (« Culture ») et le titre du chapitre (« Tissu associatif »). Cette inadéquation reflète une double préoccupation : le « tissu associatif » est peut-être plus précaire et précarisé que la culture institutionnelle ; le titre « culture » reflète la dimension institutionnelle qui nous est chère (en témoigne le travail de Théo et nos engagements notamment en faveur du Collège musical) mais peut laisser croire que nous laisserons de côté toutes les associations et collectifs non institutionnels. Pour résoudre ce dilemme, la version imprimée portera le titre « Tissu culturel », plus représentatif de nos intentions.
    En effet, il n’a jamais été question selon nous d’opposer la Culture – entendue, ainsi que tu le soulignes, comme « culture institutionnelle communale » – et les « cultures alternatives ». Oui, le POP veut, selon tes mots, « promouvoir la « culture populaire » ». Non, il ne veut pas le faire « au détriment des institutions » (musées, bibliothèques, Collège musical sont d’ailleurs cités comme prioritaires).
    Cela étant dit, il est vrai que la bourse de La Chaux-de-Fonds, tout le monde le sait, n’est pas des plus pleines, et il est tout à fait clair, comme tu le démontres, qu’il faut penser au budget que nous voulons pour la culture : nous serons les premiers à soutenir son augmentation ! A ce titre, nous pensons que cette augmentation devra être équitablement pensée pour que tous les acteurs, institutionnels ou non, puissent en bénéficier. Il nous semblait donc essentiel de montrer que le POP ne souhaite pas soutenir uniquement la culture institutionnelle. À titre personnel, j’estime ainsi que la bonne santé financière des institutions culturelles communales, quand bien même elle serait atteinte dans l’avenir, ne serait pas une jauge suffisante pour mesurer la santé globale du tissu culturel et sportif de notre Ville.
    Il va donc de soi que nous défendrons la création du centre helvétique des Arts de la rue ainsi que l’ambition pour La Chaux-de-Fonds d’être capitale culturelle. J’en viens ici, comme tu le vois, à nos manques qui sont en effet à déplorer. Ceci dit, présenter un programme de 50 pages qui traite de tous les sujets de la politique locale (ce qui est courageux par rapport au laconisme d’autres partis quant à leur vision pour la Ville) impliquait l’impossibilité d’être pleinement exhaustif et, par conséquent, de prêter le flanc à des critiques (plutôt que, comme tu le penses à tort, de s’attirer la sympathie d’un certain électorat). C’est pour cette raison que nous avons pensé ce programme évolutif : les points oubliés seront intégrés à titre d’amendements et pourront être proposés par des membres du POP mais aussi par toute personne de la population qui aimerait apporter un élément. Ils seront ensuite discutés en séances de section, puis débattus et votés en AG.
    Je ne reviendrai pas sur ton sous-entendu que la base du POP ne soutiendrait pas pleinement son Conseiller communal, car il est de notoriété publique que nous sommes à 100% avec Théo et le travail qu’il mène pour notre Ville. Cependant, pour ne pas t’épargner une petite pique en guise d’amicale réponse, je te dirais que si tu souhaites également soutenir ton (je te cite) « cher Théo, ami de toujours » et compléter notre beau programme, je t’invite volontiers à demander ta carte de membre au POP…
    Bien à toi,
    Ta voisine, membre du POP et candidate au Conseil général,
    Cécile

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