Le darwinisme social, risque de l’écologie profonde : même risque dans notre canton de Neuchâtel !


« Très ému d’apprendre le décès de personnes âgées connues, de parents de personnes handicapées et de parents de collègues de travail. TRÈS FÂCHÉ de lire les commentaires d’un député neuchâtelois au grand conseil. Je le cite : « la crise sanitaire sera quand les jeunes et les enfants en mourront… comme en 1918… et là on aura vraiment du soucis à ce faire ! » (sic) »

Voici ce qu’écrivait début avril Vincent Martinez, directeur des Perce-Neige sur son mur Facebook !

« Ce qu’on appelle l’ »immunité collective » est une expression fleurie et menteuse pour dire « sélection naturelle » [ en référence à Darwin ] : il s’agit de laisser la population attraper le virus, que les plus faibles meurent et que le diable emporte les traînards. Parmi ceux qui avaient adopté cette politique au début – Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède -, seule la Suède tient encore. Les autres ont rejoint le camp des « protectionnistes », parce que la thèse de la sélection naturelle n’est guère tenable moralement – d’autant que non seulement on laisse mourir les plus faibles, mais on les laisse mourir dans des conditions douloureuses. » (Chantal Delsol, philosophe conservatrice, interviewée dans Le Figaro du 8 avril 2020)

Wikipedia nous apprend que « Arne Næss invente l’expression « écologie profonde » dans un article fondateur publié pour la première fois en 1973 : « Le mouvement écologique superficiel et le mouvement profond » (« The Shallow and the Deep Long Range Ecology Movement ») Næss rejette l’idée que les êtres vivants puissent être classés en fonction de leurs valeurs respectives. Par exemple, le fait de savoir si un animal a une âme, s’il utilise la raison ou s’il a une conscience est souvent utilisé pour justifier la position dominante des humains sur les autres espèces vivantes. Næss affirme que « le droit de toute forme de vie à vivre est un droit universel qui ne peut pas être quantifié. Aucune espèce vivante n’a plus de ce droit particulier de vivre et de s’étendre qu’une autre espèce. » Cette idée métaphysique est soulignée par la phrase de Warwick Fox disant que nous et tous les autres êtres vivants sommes des « aspects d’une même réalité émergente ».

Les partisans de l’écologie profonde estiment que le monde n’est pas une ressource exploitable à volonté par l’Homme. L’éthique de l’écologie profonde explique qu’un système global (la nature) est supérieur à chacune de ses parties (l’Homme étant une partie de la nature). Cette éthique s’appuie sur les huit postulats suivants :

  1.  « Le bien-être et l’épanouissement des formes de vie humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur en elles-mêmes (synonyme : valeur intrinsèque, valeur inhérente). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité du monde non-humain pour les besoins humains.
  2. La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de ces valeurs et sont également des valeurs elles-mêmes.
  3. L’Homme n’a pas le droit de réduire la richesse et la diversité biologique, sauf pour satisfaire des besoins humains vitaux.
  4. L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une décroissancesubstantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requiert une telle diminution.
  5. L’interférence humaine actuelle avec le monde non-humain est excessive et nuisible, et la situation empire rapidement.
  6. Des politiques doivent donc être changées. Ces politiques affectent les structures économiques, technologiques, et idéologiques fondamentales. Il en résultera une société profondément différente de la nôtre.
  7. Les changements idéologiques passent par l’appréciation d’une bonne qualité de vie plutôt que l’adhésion à des standards de vie toujours plus élevés. Il faut prendre conscience de la différence entre « bonne qualité » et « course à un niveau de vie extrêmement élevé » (qui serait néfaste à la nature).
  8. Ceux qui souscrivent aux points précédents s’engagent à essayer de mettre en application directement ou indirectement les changements nécessaires. »

En faisant primer l’ontologie sur l’éthique, l’écologie profonde ouvre des espaces de pensée inédits, risquant de nous plonge dans l’abîme du post-humanisme.

C’est la conception que l’animal est égal à l’homme qui guide mes actions individuelles et politiques. Ainsi, je ne mange jamais de viande pour des questions ontologiques; je préfèrerai ouvrir les magasins qui vendent des plantons en même temps que les autres magasins d’alimention même si le risque de propagation du virus sera alors plus grand.

Bref, quand on me demande si je préfère laisser mourir un vieillard dans une maison qui brûle ou sauver mon chat, j’hésite à répondre !

 

Ce long préambule pour m’étonner que le député Laurent Debrot n’ait pas mesuré les implication de son commentaire sur le mur de Vincent Martinez. J’ai moi-même réagi deux fois sur Twitter à ses déclarations sur Facebook.

Laurent fait partie de ceux que j’appelle les coronasceptiques (en référence à ma position « éolosceptique »). C’est une personnalité politique de notre canton franche de collier et que je tolère parfaitement. Mais libre à moi de la contester dans ses excès. Et surtout de montrer que les variétés de points de vue sont aussi grandes chez les Verts que chez les popistes ou les socialistes.

Verts durs VS verts modérés, popistes adeptes du dialogue avec la gauche socialiste au pouvoir VS anciens trotskistes totalement dogmatiques, sociaux-démocrates macroniens VS socialistes de gauche francs-tireurs, l’éventail est large.

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Le 27 juillet, Debrot remet la compresse en prônant l’immunité générale : laissons les jeunes s’infecter !

Je terminerai par la citation d’un autre post du député Debrot qui devrait faire réfléchir tant les Verts chaux-de-fonniers (dont le président et plusieurs membres sont ouvertement éolosceptiques) que les électeurs socialistes qui, le 20 octobre 2019, ont délaissé le PS pour voter Vert.

Le 25 novembre, notre ville a besoin d’un PS fort qui ne tombe pas dans les extrêmes !

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