Immensité terrestre au cloître de la Lance près de Concise


Le plus beau joyau architectural au bord du lac de Neuchâtel est l’ancienne chartreuse de la Lance. Dans une situation privilégiée, propre aux choix des Chartreux du XIVe siècle, elle abrite un cloître médiéval intact. Actuellement investie par l’installation du plasticien hollandais Jan Hendrix, elle accueillait récemment un concert de musique sacrée avec des oeuvres de Hildegard von Bingen (XIIe siècle) et Djalâl ad-din Rûmî, un poète mystique persan du XIIIe siècle. Sur nos terres tant aimées existe donc bien une symphonie terrrestre de l’immensité, paysagère, plastique et musicale.

À une centaine de mètres du lac, l’ancien monastère s’est lové en 1317 au bas d’un petit cirque pentu, dès l’origine un vignoble. Les Chartreux choisissaient leurs lieux dans des espaces privilégiant le silence, l’isolement du monde et la beauté de la situation. A Naples par exemple, la Chartreuse de San Martino domine la ville devant le panorama incomparable du golfe.

A l’est de Concise, le monastère s’ouvrait sur une partie du lac et peu importe, actuellement, les ICN qui passent tout près.

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Au bas du vignoble un jardin de plantes sauvages entretenu sans forfanterie offre une vue sur les rives sud du lac.

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La pureté immense du paysage se décuple à l’intérieur du cloître, actuellement investi par le plasticien hollandais Jan Hendrix.

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Inspiré par des fleurs de carottes, il a placé entre les piliers du cloître des plaques découpées qui laissent, surtout la nuit, passer la lumière projetée par des lampes situées au milieu de cloître. Lorsque la lumière du jour diminue, les découpage des panneaux se reflètent contre les murs du clôitre. Ainsi existe la lumière, – divine ? – dans ses effets plastiques, à la manière de l’art islamique.

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Syncrétisme sensoriel d’une immense émotion, elle-même dédoublée dimanche 17 juin 2018 lors du premier concert organisé dans ce cloître. L’ensemble orchestral Flores harmonici chantaient des psaumes de Hildegard von Bingen (« la compositrice majeure du Moyen Âge, créatrice d’innombrables mélodies sur ses propres thèmes, inpirées et mystiques, réuniss sous le nom de « Symphonie de l’harmonie des révélations célestes ») ainsi que des chants de Djalâl ad-Dîn Rûmî., l’un des grands poètes mystiques de l’humnaité.

Par intervalle les chanteurs passaient d’un compositeur à l’autre. L’extrait ci-dessous, capté à la fin du concert, présente comment les deux œuvres de ces musiciens du Moyen Âge s’entrelaçaient pour chanter l’immensité céleste, tissant ainsi un dialogue émouvant.

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Si nous la désignons comme terrestre, c’est parce que la beauté céleste recherchée par ces compositeurs nous touche encore aujourd’hui. C’est une beauté immanente, accordée au cloître, lui-même situé dans ce paysage de nos rives : une symphonie pour paysage, art et musique singulièrement en lien avec notre blog.

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