Mille tableaux

Blog de Daniel Musy

La Neuvième de Beethoven par Fricsay à Baden


A une vingtaine kilomètres au sud de Vienne, un Beethoven malade et presque totalement sourd vient passer trois été de suite, de 1821 à 1823, dans la célèbre petite ville thermale de Baden. Aujourd’hui les multiples établissements thermaux d’alors n’existent presque plus mais la maison où le génie séjourna abrite un musée qui retrace la vie sociale et culturelle de l’époque autour de sa personne. C’est à Baden notamment que l’essentiel de la Neuvième Symphonie est conçue.

 

P1030219

 

Et le musée rend un formidable hommage à ce chef-d’oeuvre, surtout à ses deux derniers mouvements dont le cinquième avec chœur, le premier dans l’histoire de la musique symphonique. Dans une salle à la technologie parfaite, on peut les suivre sur quatre écrans en simultané. A gauche défile la partition puis un écran indique comment les divers pupitres interviennent. Le troisième présente le concert de Baremboïm au Proms de Londres en juillet 2012, souverainement réalisé par la BBC. Et le dernier fait se succéder des commentaires musicologiques simples à comprendre.

Dans une salle à côté et à l’aide d’une tablette, on peut écouter ces mêmes mouvements en alternance avec quatre célèbres versions (Fricsay, Karajan, Bernstein et Gardiner). On peut cliquer de l’un à l’autre dans le fil de l’écoute.

Le chef hongrois Ferenc Fricsay est un de mes préférés, pas seulement dans cette symphonie ou dans Fidelio, mais dans Bartok ou Mozart aussi. Son enregistrement de 1957 avec la Philharmonie de Berlin est le premier en stéréo du chef-d’oeuvre avec une qualité sonore naturelle aux couleurs insoupçonnées. C’est l’antithèse des versions de Furtwängler ou de Karajan, toute en douceur, en lyrisme, pas pressée et « qui porte le message de l’espoir mais sans l’imposer« . « On ne se bat pas pour la paix, elle y est déjà« , avec une direction du chef hongrois à la « densité irradiante » qui « arrache la partition aux ténèbres germano-romantiques et la projette dans la lumière de l’exaltation prophétique de Beethoven« . Merci à ces commentateurs du site d’Amazon…

C’est celle qu’il faut avoir chez soi, et que j’écoute depuis toujours … Et savoir dans quel lieu précis les chefs-d’œuvres ont été conçus et réalisés leur ajoute de l’humanité.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 11 août 2016 par dans Scènes musicales, et est taguée .
Follow Mille tableaux on WordPress.com

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 988 autres abonnés

Stats du Site

  • 78,090 hits
%d blogueurs aiment cette page :