Mille tableaux

Blog de Daniel Musy

La vallée de l’Elbe vers Dresde et son pont destructeur du patrimoine


La vallée de l’Elbe en amont et en aval de Dresde offre un paysage naturel et urbain unique au monde, logiquement classé à l’UNESCO en 2002 et déclassé à cause d’un pont controversé le 25 juin 2009, deux jours avant l’inscription de La Chaux-de-Fonds – Le Locle.

L’Elbe est la plus longue rivière de l’Allemagne, qui la traverse de la Bohème à la mer du Nord. Son cours sinueux dans des régions plates soumet les régions traversées dans la Saxe aux pires inondations possibles. Août 2002 mais aussi juin 2013. Ce bistrot de Maissen témoigne d’ailleurs de la hauteur de l’eau ces deux années-là.

En amont et en aval de Dresde, ville follement baroque depuis 1730, avec des églises et un château construit pour marquer le paysage, ce ne sont que vastes prairies inondables, vignobles et châteaux, méandres langoureux. De Laubegast au sud à Urgau au nord, la vallée de l’Elbe a été logiquement classée avec Dresde au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2002.

 

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Canaletto, le peintre vénitien, a été appelé à Dresde vers 1725 par le Prince-électeur Auguste III pour immortaliser la beauté du lieu, resté intact presque 300 ans plus tard. C’est émouvant comme à Venise dans cette « Florence de l’Elbe ».

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Le problème est le nouveau pont Waldschlöschen, ouvert cette année pour désengorger le trafic et offrir aussi une piste cyclable et un trottoir. C’est moins cher et plus pratique qu’un tunnel. C’est aussi horrifiant pour les experts Unesco qui ont déclassé le site après de multiples avertissements.

 

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Sur photo, il n’y pas photo : c’est un massacre, comme la tour Pelli de 180 mètres qui est en train de s’ériger à Séville, ruinant la visibilité de la Giralda, le minaret-clocher de la cathédrale aussi classé à l’UNESCO et emblème de l’Andalousie.

 

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Dans la réalité, c’est plus nuancé. La perspective dresdienne n’est ruinée que quand on se trouve à un endroit précis. En bateau, on n’est pas pas puis gêné qu’à Séville quand on se balade au centre ville.

Dresde et Séville sont deux villes qui doivent se reconstruire, l’une à cause de la guerre qui l’a entièrement détruite, l’autre à cause de la crise qui oblige à investir dans le tertiaire.

Et La Chaux-de-Fonds ? Rien n’oblige à en ruiner l’esprit architectural par une foison de panneaux solaires sur des toits en pente. L’unanimité sur ce point est réjouissante. Quant aux crêtes du Jura que saccageront les monstres éoliens, on doit aussi discuter. Et qu’on ne vienne pas dire qu’il n’y pas dans les trois cas des solutions de remplacement, plus respectueuses de l’esprit des lieux.

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Cette entrée a été publiée le 18 octobre 2013 par dans Paysages, et est taguée , .
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