Sous le titre Un fil après l’autre, Pauline Agustoni présente ses expérimentations dans des pièces de céramique tissées, si l’on peut dire. Weaving with clay, le tissage avec de l’argile, est une technique fascinante à la croisée de la vannerie et de la céramique. À voir à la médiathèque de l’École d’art, Jardinière 68, La Chaux-de-Fonds jusqu’au 18 décembre 2026.


Originaire de La Chaux-de-Fonds, Pauline Agustoni, née en 1996, est diplômée avec les honneurs (cum laude) de la prestigieuse Design Academy Eindhoven aux Pays-Bas. Elle approche la création artistique par la recherche et l’expérimentation. Weaving with Clay (intitulé en français Un fil après l’autre), est un projet réalisé en 2024 lors d’une résidence d’artiste au European Ceramics Work Center (EKWC) à Oisterwijk aux Pays-Bas.
Les pièces que Pauline présente à l’Ecole d’art fascinent par une quête triple : quête de la matière, de la forme et de la technique. Les résultats sont plus que des objets : des œuvres uniques, présentées en séries.
Devant nous donc, ce qui pourrait être formellement un panier en osier, avec des vides. Or, c’est de la céramique ! Techniquement, on voit comment ces sortes de churros se relient les uns aux autres par des jointures (en émail-céladon) faites avec le pouce.
On est intrigué par la manière dont ils ont pu cuire à 1200 degrés dans un four. Expérimentatrice, Pauline a fabriqué des moules recouverts d’une substance où l’argile ne va pas coller.
Elle utilise la technique de l’extrudation, le façonnage d’un matériau malléable ou fluidifié en le poussant sous pression à travers une filière ou une ouverture pour lui donner une forme continue de grande longueur. Avec les longs fils d’argile sortis de ce processus (comme des churros !), elle va littéralement construire ses formes comme un tissage autour du moule, avec de l’argile fraîche.
Photographies ci-dessous de Pauline Agustoni



Le résultat est une œuvre étrange, entre le végétal et le minéral. On n’oserait la toucher ni la remplir. Elle s’offre à nous dans sa puissance irradiante et sa fragilité. Nous devenons nous-mêmes spectateurs-expérimentateurs de nouvelles visions.

