La violoniste allemande Isabelle Faust a donnée 18 janvier 2026 un récital mémorable à la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds. Une profonde émotion régnait chez les auditeurs et l’interprète. La magie acoustique de cette salle hors du commun emporte les musiciens, comme touchés par une grâce communicative.
Notre salle de musique est très médiatisée en ce début 2026 car le grand pianiste Alexandre Kantorow va y enregistrer en public, fin mars, son prochain disque avec notamment la dernière sonate de Beethoven et les 24 Préludes de Chopin.
Ce fut l’occasion pour le Matin Dimanche de consacrer une pleine page à cette salle rendue célèbre par les grandes marques de disques qui y enregistrèrent les Quatuors Vegh et Italiano, le Beaux-Arts Trio, les pianistes Claudio Arrau et Murray Perahia.
Isabelle Faust a joué deux sonates de Ysaye et deux partitas de Bach dont la 2e avec la fameuse Chaconne qui a conclu le récital. La violoniste extrêmement concentrée évoque dans ce morceau une vaste procession, procédant inexorablement. Elle joue un Stradivarius de 1707 appelé Sleeping Beauty ou La Belle au bois dormant parce qu’il fut longtemps inemployé dans un vieux grenier.
Je pense que cette fine princesse charmante le réveille à chaque coup d’archet. Elle utilise des cordes en boyau qui confèrent à ses interprétations une sonorité intime, claire et une articulation précise. La pureté exquise de son jeu est l’image de son beau visage aux cheveux courts et de son corps fluide qui se prolonge dans sa main droite.
C’est l’inverse d’une prestation échevelée, secouant une chevelure abondante. Sont évités les effets virtuoses gratuits pour mieux mettre en lumière les structures et les émotions cachées des partitions.


