La tempête du 24 juillet 2023 a permis d’accélérer les étapes de désacralisation du temple des Éplatures. Sans affectation depuis de nombreuses années, il est devenu ce qu’on pourrait appeler un couvent social, un lieu de vie et de rencontres communautaires. L’impulsion de Pierre Studer, l’architecte de la restauration de l’Ancien manège, a été décisive pour ce qui est un chef-d’œuvre régional du 21e siècle depuis le 14 novembre 2025 : une barbaridad, une chose hors de l’ordinaire, comme le disent les Sévillans.
Quand on parcourt l’Angleterre, on rencontre des églises transformées en pubs (comme à Londres dans le quartier de Muswell Hill) ou des cathédrales abritant des espaces d’exposition (à Ely, on accueille des acteurs économiques régionaux pour une foire annuelle).


Aux Éplatures, rien de tel mais une idée géniale de transformer l’intérieur du temple en une sorte de couvent social permettant d’héberger notamment des étudiants de l’université de Neuchâtel pour des colloques ou des résidences.
Au parterre le lieu de culte a cédé la place à une salle capitulaire avec possibilité de conférences et de réunions.
La galerie du temple a été divisé en des chambres-cellules au nord et au sud.
A été construite plus haut une deuxième galerie avec les mêmes cellules : 24 personnes au total peuvent y dormir, avec pour certaines une vue sur les forêts au nord.
Et encore plus haut, une galerie accessible par un escalier en colimaçon et en fer, abrite quelques cabinets de toilette avec douche et WC.



Sous le faîte du toit, la plus belle surprise vient de la salle de repas, un réfectoire pouvant accueillir jusqu’à 24 personnes, avec plaque de cuisson, four et machine à laver la vaisselle.
Salle capitulaire, cellule, réfectoire, nous voici bien dans un couvent social, un peu retiré du monde urbain, proche des transports publics mais aussi de la nature.
Se promener autour du temple au nord ou à l’ouest avec le cimetière israélite (les plus anciennes sépultures datent de 1872, année de la création de ce cimetière sur ce qui était encore la commune des Éplatures) ressemble à une déambulation dans un cloître extérieur ouvrant sur le monde et la vie.
Revenir dans le temple pour étudier, discuter, se rencontrer, se distraire, manger et dormir, c’est rentrer dans un espace social d’un nouveau genre, habité par l’esprit du lieu.
”Barbare” dans le sens de Séville, extra-ordinaire, cette restauration nous ouvre à de nouveaux mondes, de nouvelles personnes, de nouvelles espérances. C’est une renaissance du bâtiment !




