Nous attendions avec impatience ce moment : les gens de La Chaux-de-Fonds Capitale culturelle à la rencontre de notre population. Jeudi 17 juin 2025 sur Espacité, leur projet a été rendu public. Un document papier « Règles du jeu » (aussi en ligne) fut distribué. Il souhaite faire surgir des projets artistiques, associatifs ou citoyens. Beaucoup de gens dans notre ville ont été déçus car le langage écrit utilisé est compliqué. Au lieu d’inclure, ne tendrait-il pas à exclure ?
De même le keffieh porté par la personne responsable de la direction de lcdf27, Simone Toendury, lors de l’inauguration de la Plage des Six-Pompes le mardi 5 août 2025, nous questionne. Faut-il qu’une manifestation soutenue par la Confédération ne reste pas neutre ?
L’idée de donner une coloration aux douze mois de l’année est bonne. Et celle de soutenir le peuple palestinien est en soi estimable si l’on se place d’un certain point de vue. Mais une barrière se crée entre les responsables et certains publics. D’abord par l’utilisation d’un langage inclusif un peu tordu et des descriptions poétiques et conceptuelles sophistiquées. Enfin par un parti-pris politique qui importe dans la ville un conflit mondial cruel. L’idéologie transgenre, l’élitisme, voire l’antisionisme, menacent. La volonté d’inclure ne risque-t-elle pas aussi d’exclure ?

Les Règles du Jeu
Un paradoxe existe sur les douze projets primés pour 2027. Ils ont été dévoilés le 24 juin. Ils le sont justement au nom de l’inclusion.
Le langage inclusif un peu tordu
Une évidence existe : on ne peut plus écrire seulement au masculin. « Dans une société qui aspire à plus de diversité et d’égalité, il est temps d’adapter notre langage qui façonne notre pensée et notre perception du monde ».
La solution de la directrice de lcdf2027 est claire depuis mai 2024. Elle écrivait alors :
Cette solution est artificielle et compliquée, dans la grammaire et surtout dans la lecture, notamment pour les dyslexiques et les gens pas habitués aux artifices du langage moderne.
L’administration fédérale a édité un livret de 40 pages pour une série de solution pour se retrouver en terrain neutre.
« Ce recueil propose des solutions simples et élégantes. Il illustre ainsi par de nombreux exemples comment une formulation inclusive est possible. » Je le conseille vivement à Madame Toendury et son équipe. Il est temps de rectifier le tir. Sinon, le dogme vaincra et beaucoup de personnes d’ici seront fâchées. Je le suis déjà un peu, d’autres beaucoup plus.

La responsable de la section française des services linguistiques centraux à la chancellerie fédérale, Fabienne Bertagnollo : « L’encre des bons sentiments n’est pas toujours sympathique : elle peut dissimuler de nouvelles chausse-trapes. Débarrassons la langue de scories qui ne sont que la manifestation d’une paresse intellectuelle certaine mais ne les remplaçons pas par de nouveaux dogmes qui, loin d’inclure, excluent ceux qui n’ont pas le privilège de pouvoir remettre le sens au milieu du message. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les genres pour le dire arrivent aisément.«
Dans la présentation des douze mois de l’années des formules compliquées sont difficiles à comprendre
Janvier : on danse (…)pour conjurer le silence la fête est (…)rituel de sorcières modernes
Février : quel est le rôle du patrimoine dans le présent ? Est-il un socle ou un poids ?
Mars : C’est un laboratoire de l’appartenance, un terrain d’insurrection douce ou brûlante.
Avril : L’esprit coyote rôde, malicieux, entre les lignes et nourrit nos luttes.
Mai : On célèbre les désordres fertiles. Les pavés parlent encore, les projets pirates éclosent.
Juin : Le DIY devient un outil de réappropriation : de la ville, de l’art, du quotidien.
Juillet : Un temps suspendu, où le corps se détend et l’espace devient plus poreux.
Août : La ville devient rituel, elle est transe collective.
Septembre : La ville se vit à plusieurs voix, plusieurs rythmes. Et dans l’imprévu, on bricole du commun.
Octobre : Ce mois-ci, l’art entre chez les habitantexs. Dans une maison de passage, une cabane inventée, un chantier ouvert.
Novembre : Les esprits hantent les lieux oubliés, les objets usés, les horloges détraquées. On convoque les fantômes, on les écoute.
Décembre : On sait bien que les fins sont toujours des débuts déguisés. Alors on trie. On garde ce qui brûle, on oublie ce qui pèse.
Quant au keffieh, on connaît ma position depuis octobre 2023 pour ne pas en rajouter ici…


