Jean-Dominique Michel est-il un « anthropologue des sciences » ou un simple blogueur », version réduite


VOICI LA VERSION RÉDUITE DE MON ARTICLE DU 1ER MAI

Sur son blog et dans des interviews, un certain Jean-Dominique Michel, de Genève, publie depuis début mars des articles très partagés sur les réseaux sociaux suisses et européens, en particulier par certains de mes amis de gauche. J’ai pris le temps, fastidieux, de lire tous ses récents textes depuis le 2 mars. Par son activité qu’il qualifie d’«anthropologique » et certaines de ses opinions, Jean-Dominique Michel pourrait susciter l’adhésion. Mais son « coronascepticisme » s’accompagne de stigmatisations du monde scientifique et des gouvernants. Souvent fumeux ou exagéré, il propose trop des réflexions philosophiques peu rigoureuses. À l’image de marginaux incompris, avec son narcissisme exacerbé, il se sent victimisé.

Voici, sur la demande d’internautes, une version raccourcie de mon article du 1er mai.

 

  1. Formation

Jean-Dominique Michel se présente comme « anthropologue médical et expert en santé publique, Genève. »  C’est sur son profil Linkedin qu’on découvre son CV.

Le site Menace-théoriste.fr  l’a décortiqué pour démontrer que JDM est « un parfait exemple de: -la confusion entre expert/politique et sciences. – des barrières floues entre privé et académique. – de l’utilisation de la caution académique pour des activités privées. » (Sylvie Vuilloud).

  • 1987 Certificat en études théâtrales
  • 1988 Certificat en études cinématographiques
  • 1991 Brevet d’Instructeur suisse de ski et patente vaudoise de Maître de ski
  • 1992 Certificat en anthropologie
  • 1994 B.A. en Arts et Sciences. Université de Montréal, Québec
  • 1994 Certificat en ethnolinguistique – Psycho-Physics Academy, Londres
  • 1995 Master en anthropologie Psycho-Physics Academy, Londres
  • 2006 Formation en bio-généalogie Esclarmonde, Genève
  • 2011 Diplôme de praticien en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
  • 2013 Diplôme de formateur en accompagnement individuel et groupal Institut de Coaching et Thérapies d’Evolution, Genève
  • 2016 (en cours) Licence en théologie et sciences religieuses Université dominicaine internationale et Université de Lorraine
  • 2016 Diplôme de formation en R.E.M.A.S. (reprogrammation émotionnelle par les mouvements alternés et la sophrologie) MD Consultation Institution de Santé (Genève) Technique développée dans la continuité de l’EMDR, permettant de traiter les états de stress post-traumatique et les perturbations émotionnelles récurrentes. D’autres domaines d’indications pertinents sont la gestion de l’anxiété et du stress ainsi que la préparation mentale.

Sur son blog, il fait une liste de ses interventions et mandats sans mentionner clairement sa formation académique ou ses publications scientifiques.

Il est en particulier un adepte du name dropping (littéralement « lâcher de noms ») qui consiste à citer des noms connus, notamment de personnes, d’institutions, d’œuvres, de marques commerciales ou de titres d’ouvrage (on parle alors de « title dropping ») pour tenter d’impressionner ses interlocuteurs.

Ainsi, le 5 avril, il annonce avoir souvent « été invité à partager mes travaux et le fruit de mes recherches, dans des cadres aussi prestigieux qu’on en peut rêver, avec la confiance bienveillante de sommités dans leurs domaines.  Comme le Pr Guy Dubreuil, fondateur du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal et pionnier de l’ethnopsychologie ; le Pr Luc Chabot, initiateur de programme de formation communautaires novateurs à l’Université de Montréal également ; le Pr Ilario Rossi, un des tous meilleurs anthropologues de la santé, à l’Université de Lausanne ; le Pr Jacques Hainard, directeur du Musée d’ethnographie de Genève ; le Pr François Ferrero, pionnier de la psychiatrie communautaire et sociale à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et ancien médecin-chef de la psychiatrie adulte ; le Pr Stéphane Rossini, référence académique en matière d’action et de politique sociale ; ou encore le Pr Jacques Besson, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Lausanne et un des grands pionniers mondiaux de la recherche sur les liens entre spiritualité et santé.  (…) De par mon métier et ma position, j’ai le privilège de beaucoup interagir et communiquer avec les pontes de la faculté. Parfois, c’est même sur le terrain que les liens se nouent.«

Or, le 3 mai, le professeur Rossi, anthropologue des sciences à l’université de Lausanne, m’a écrit pour me dire ceci :

« Bonjour, merci pour cette mise en perspective, absolument nécessaire. J’y souscris entièrement. Permettez-moi une anecdote. Je n’ai pas revu M. Michel depuis douze ans. La dernière rencontre fut houleuse. En 2008, M. Michel a réalisé un documentaire sur les guérisseurs philippins et, dans ce cadre, il m’a sollicité pour un entretien. Lorsque j’ai pris connaissance de son travail, j’ai été interloqué par la manière qu’il avait de diriger son discours et d’utiliser les extraits de nos échanges. Je l’ai invité à en parler dans le cadre d’un cours sur le pluralisme médical, en le prévenant que sa production serait l’occasion pour les étudiant.e.s d’appréhender l’altérité thérapeutique certes, mais surtout de déconstruire et critiquer les dérives discursives et idéologiques de son approche. Ce qui fut le cas, dans un débat frontal et tendu, d’une grande utilité pédagogique.
Depuis, le silence. Jusqu’à ce qu’un ami, il a y trois jours, m’envoie le lien de l’entretien vidéo que vous mentionnez. Ses propos et l’arrogance qu’il dévoile en les inscrivant dans la discipline à laquelle il se dit rattaché, m’ont dérangé au plus haut point. Puis, en tombant sur votre blog, je découvre qu’il me mentionne à plusieurs reprises comme « référence ».
M. Michel a la fâcheuse habitude d’instrumentaliser le nom d’autrui pour légitimer l’idée qu’il se fait de lui-même. Or je me distancie radicalement de sa manière d’analyser la situation que nous sommes en train de vivre, qui a peu à voir avec une perspective, voire une « épistémologie », scientifiquement fondée. Ses opinions et leur mise en forme sont souvent préoccupantes. Libre à lui de dire ce qu’il pense, mais qu’il le fasse comme citoyen et pas au titre de représentant légitime de l’anthropologie académique que son parcours ne l’autorise pas à revendiquer. Il nuit en cela fortement à l’ensemble des professionnel.le.s qui travaillent dans le domaine et qui, par leur implication, essaient de restituer une vision plurielle et complexes de nos sociétés contemporaines. »

Tout ce que dit M. Michel dit n’est pas faux évidemment, mais c’est surtout emmêlé dans beaucoup d’erreurs, et dans un cadre général qui n’a rien à voir avec une analyse scientifique et est politiquement extrêmement inquiétant. Il se prétend anthropologue de la santé, alors qu’en fait ce n’est qu’un simple blogueur.

 

  1. Pertinence

Plusieurs de ses constats ou remarques sont cependant pertinents.

Le 2 mars, date de son premier article sur le coronavirus sur son blog, il note que « le vrai problème, c’est que nous avons donné licence aux grands complexes industriels (agroalimentaire, pétrochimie, transports, pharmas) de prospérer en inondant le marché de produits qui endommagent ou détruisent la santé des gens. »

Le 18 mars, dans un article au retentissement indéniable, il écrit : « Le confinement général constitue un pauvre pis-aller face à l’épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle. Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée, Hong-Kong, Taiwan, Singapour et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple. (…) 

Le 13 avril, il écrit aussi :  « Après, il y aura la question de l’impact sur notre modèle de société. On s’est aperçu depuis quelques semaines qu’on pouvait très bien vivre sans être accros au shopping et sans être complètement azimutés dans la machine à faire du fric (pour quelques-uns). La planète respire, il y a moins de pollution. La question est: «qu’allons-nous faire ensuite?» Bref, dans le monde de la gauche, ce type de critiques du système néolibéral est de bon aloi et pertinent sous certains aspects.

 

  1. Le coronascepticisme

Par « coronascepticisme », j’entends définir toutes les positions qui visent à minimiser l’importance et les effets de la pandémie, assimilée dans le pire des cas à une simple grosse grippe. M. Michel ne va jusque-là mais fait partie de cette mouvance.

Le 2 mars, ouverture du bal : « Alors oui, cloîtrons-nous à cause d’un banal virus ! (…) Ce coronavirus est bon pour la protection de l’environnement, pour la décroissance, pour le reflux des manifestations mercantiles et pour le constat que prendre des mesures protectrices de la santé est supportable. On aimerait que ces dernières soient prises face aux réels facteurs de dommages sanitaires, pas sur un épiphénomène infectieux. »

Le 12 mars, second quadrille : « Les données dont nous disposons aujourd’hui, avec quelques semaines de recul, sont dans l’ensemble plutôt rassurantes. (…) L’épidémie en cours ne présente pas de danger pour l’immense majorité des gens. (…) Contrairement à ce qui est déclamé, le nouveau coronavirus semble montrer pour l’instant une virulence et une létalité comparables à celles de différents coronavirus déjà en circulation dans nos contrées. »

Le 13 avril, la valse coronasceptique continue : « C’est cela qui est vraiment extraordinaire: nous sommes, de l’avis unanime des meilleurs spécialistes, dans un événement épidémique normal ! Il n’y a tout simplement pas plus de morts cette année que les autres années à cause des pathologies respiratoires habituelles, dont ce nouveau coronavirus (nous en avons déjà plusieurs en circulation parmi la dizaine de virus respiratoires saisonniers) ne sera qu’un xième virus en plus. »

Mouvement final le 25 avril : « Rappelons-le : les travaux de l’équipe du Pr John Ioanndis de l’université de Stanford (sans doute définitifs, avec les quelques réserves d’usage lorsqu’on fait de la vraie science (sic)) ont confirmé ce que j’avais évalué et communiqué dès le 12 mars. A savoir que les chiffres avancés depuis le début de l’épidémie par l’OMS et les gouvernements étaient absolument faux et de beaucoup ! Et que l’épidémie de Sars-CoV-2 présente en réalité les mêmes valeurs en termes de contagion et de mortalité que les épidémies de grippe (influenza) que nous vivons chaque année. »

 

  1. La girouette sur les autorités

La volatilité de M. Michel est particulièrement manifeste dans son rapport aux décisions des autorités et au fonctionnement démocratique en général.

Le 12 mars, en bon légitimiste, il considère que « les décisions prises par nos autorités sont dans l’ensemble raisonnablement proportionnées. Elles rappellent qu’il n’y a pas de lieu de paniquer, seulement d’être prudents. Elles jouent une partition compliquée mais essentielle : être suffisamment alarmistes pour mobiliser autour des justes messages de prévention, sans nourrir des peurs excessives.(…) Raison pour laquelle nous nous devons de suivre scrupuleusement les instructions des autorités. A chacun son métier -je n’aimerais pas exercer le leur.«

Le 21 mars, même modération mais avec des excès visibles  : «Je l’ai dit : suivons scrupuleusement les instructions des autorités, même si la médiocrité de leur réponse à la pandémie en cours est à ce jour abyssale« .

Le lundi de Pâques 13 avril, aucune concession sur le fonctionnement des institutions démocratiques helvétiques : « En Suisse, c’est plus compliqué. Nos commissions d’enquête parlementaires ressemblent habituellement plus à un carnotzet où l’on trinque en bonne intelligence (?!) en évitant de poser les questions qui fâchent.»

 

  1. La stigmatisation, le mépris défiant des élites, du monde scientifique et des gouvernants

Une des caractéristiques du populisme est celle-ci selon Wikipédia : « Dans son acception générale actuelle le mot populisme désigne une approche politique qui a tendance à opposer le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques. Le sentiment d’être exclu de l’exercice du pouvoir, même quand il a été élu démocratiquement, est à la base de cette attitude qui touche aussi bien des sensibilités politiques de droite que de gauche. Le populisme se réfère à un peuple qu’on estime exclu du pouvoir et non écouté par la démocratie représentative jugée coupée des réalités. »

Chez M. Michel, c’est une logorrhée déversante de défiance à l’égard de tous les pouvoirs.

5 mars : «C’est ennuyeux : nos parlementaires, gouvernants et autorités de santé ne font pas ce qu’il faudrait pour protéger la population. Il faut bien mourir de quelque chose ? Sans doute, mais peut-être pas pour alimenter la voracité de groupes soudoyant au passage la démocratie avec des pratiques systémiques de corruption institutionnelle inspirées de celles inventées alors par l’industrie du tabac.«

21 mars : « Les centaines de messages que j’ai reçus de mes lecteurs revendiquent avec fermeté, responsabilité et dignité que l’on parle vrai au sujet de ce qui arrive. Ce qu’hélas ni les autorités ni les médias ni même la plupart des sommités médicales ne savent plus très bien faire depuis longtemps.«

5 avril :  « En France comme en Suisse, les autorités politiques et sanitaires ont aujourd’hui du sang sur les mains, avec en l’occurrence des centaines de morts sur la conscience..

9 avril  : « La seule chose qui ait bien fonctionné dans notre réponse à l’épidémie aura été le développement des capacités hospitalière en soins intensifs et la qualité des soins qui y ont été prodigués. Franchement, ce fut une très belle réussite. En dehors de ça, nous avons pratiquement fait tout faux.

 

  1. Les points de vue discutables ou fumeux et l’exagération

Jean-Dominique Michel n’a pas fini de nous lasser en nous interpellant par un certain nombre d’approximations argumentatives. Par exemple, le 12 mars il écrit : « L’exemple chinois montre qu’avec des mesures au besoin vigoureuses il sera possible de contenir puis inverser les courbes épidémiques. » Plus haut, il vantait la Corée du Sud.

Or, en Suisse, nous ne pouvions pas suivre leur politique, par impréparation d’abord (les masques, les tests, etc.), mais aussi parce que la population des différents pays européens n’aurait pas accepté ces mesures. Il ne faut pas oublier que les pays asiatiques ont déjà vécu des situations similaires au moins deux fois, avec le SRAS et l’épidémie de grippe aviaire, et que leurs populations étaient prêtes. En Corée, des personnes étaient dénoncées par leurs voisins parce qu’elles toussaient dans leur appartement, et elles voyaient la police débarquer chez elles et les mettre en quarantaine. De même en Chine, les autorités n’ont pas seulement confiné les habitants, elles ont parfois soudé leur porte pour qu’ils ne sortent pas.

24 mars, il cite le magazine Quartz : « Quelque chose est pourri dans l’état de la recherche biomédicale. Tous ceux qui travaillent dans ce domaine le savent à un certain niveau. Nous applaudissons les présentations de nos collègues lors de conférences, en espérant qu’ils nous feront preuve de la même courtoisie, mais nous savons dans notre cœur que la majorité, voire la grande majorité de nos affirmations en matière de recherche sont fausses. » Bref, le monde scientifique serait majoritairement formé de faussaires !

 

  1. La pensée « philosophique » peu rigoureuse,

Monsieur Michel révèle également des limites patentes quand il s’essaie au développement de pensées philosophiques.

Le 1er avril :  « Les anthropologues ont au moins cet avantage d’être (normalement) de robustes épistémologues. Il s’agit d’un de mes domaines de prédilection, ce qui me permet d’attendre mes contradicteurs de pied ferme. Je n’en ai pas de mérite : nous sommes disciplinairement confrontés à la luxuriance débridée des systèmes de croyance au sein de notre espèce, avec de surcroît ce trait que chaque culture s’imagine (bien sûr) mieux penser et mieux comprendre le monde que les autres peuplades. (…) Nous abordons donc chaque « vision du monde » (Weltanschaung) comme un système de croyances ayant sa propre logique, sa propre dynamique interne et la densité psychoaffective qui lui est propre. Nonobstant que certaines croyances peuvent bien sûr s’avérer mieux conformes au réel. Prescrire un antibiotique contre la peste paraît par exemple une croyance plus empiriquement efficace que trimballer une statue en procession à travers les rues de la ville -démarche qui jouira pourtant d’une indéniable forme d’efficacité symbolique selon la jolie expression de Claude Lévi Strauss !«

En résumé, la théorie défendue par M. Michel est que pensées et concepts philosophiques ne sont que des croyances reposant sur des bases psychoaffectives. C’est plus compliqulé que cela car la philosophie repose sur la création de concepts qui ont leurs spécificités logiques, idéologiques et historiques.

 

  1. La défense unilatérale du traitement à la chloroquine

Le docteur Raoult est ce virologue marseillais qui prétend que c’est le remède miracle même si les données scientifiques approuvées par ses pairs n’existent pas encore totalement. A-t-on vraiment prouvé que la chroloquine n’a pas d’effets néfastes sur le système cardio-vasculaire ?

Monsieur Michel a consacré de nombreux articles pour défendre la chloroquine et Raoult, prétendant que les gouvernements s’opposent à son utilisation thérapeutique. Pourtant un médecin est libre de soigner ses patients comme il le souhaite, y compris avec de la chloroquine. Ce qui se pratique depuis le début en Suisse.

12 mars, il affirme sans nuance, qu’il « s’agit d’un médicament efficace sur les coronavirus, peu coûteux, dont la pharmacocinétique est parfaitement connue. Le Pr Raoult vient de démarrer un essai clinique à Marseille, faisant suite à une première étude in vivo publiée par les Chinois et faisant état de résultats intéressants : il réduirait la durée de portage viral de 12 à 4 jours (ces résultats étant à confirmer) dessinant un possible usage curatif aussi bien que pour prévenir la contagion. »

 

  1. Le narcissisme exagéré et la victimisation

Jean-Dominique Michel n’échappe pas à ces travers qui décrédibilisent ses discours qui, je le répète, contiennent un part de pertinence, hélas noyée dans des passions tristes.

21 mars, fier du retentissement de son article Covid-19 : fin de partie ?!, il écrit : il « a été massivement partagé sur les réseaux sociaux et la presse numérique, d’une manière qui montre l’attente et le besoin que soient expliquées de manière honnête, solide et étayée les réalités complexes que nous traversons. Il recueille me dit-on un écho important dans les milieux académiques et hospitaliers. Il est même à l’initiative d’un grand hôpital parisien en cours de traduction en anglais pour être diffusé vers la communauté internationale. Une équipe de Medellín (en Colombie) réalisait de son côté une traduction espagnole. J’en suis très sincèrement le premier surpris.«

Le 22 mars le côté pile de la médaille, la victimisation : « Dans le même temps, on a commencé sur les réseaux sociaux à me mettre en cause au sujet de travaux de recherche que j’ai menés sur les pratiques de guérison traditionnelles aux Philippines, travaux que j’ai entre autres présentés dans le cadre de la Faculté de médecine ainsi que du Musée d’ethnographie de Genève, du département d’anthropologie de l’Université de Lausanne et de INREES à Paris.«

5 avril : « Ces deux dernières semaines, j’ai écrit article après article sur le Covid. Le plus apprécié d’entre eux a été lu par près d’un million de personnes en Suisse et en France, devenant l’article le pls consulté toute l’histoire des blogs de Mediapart. J’ai rédigé un appel à M. Alain Berset et M. Mauro Poggia, respectivement Conseiller fédéral et Conseiller d’État genevois, tous deux en charge de la santé. Appel relayé par deux mille personnes. En vain. »

En bref,  M. Michel « est digne d’entre dans la sphère confusionniste qui gangrène le net », comme me l’a écrit un de mes commentateurs. Dommage pour lui  !

Mais reconnaissons que dans un pays libre où règne la liberté d’expression, chacun, moyennant le respect des personnes et des minorités, a le droit de proposer des points de vue. M. Michel, dans ce sens, est respectueux des lois suisses et son audience peut le réjouir.

Il n’est pas de la mouvance extrémiste, incarnée cette semaine par l’ancien juge UDC Jean-Luc Addor, condamné pour discrimination raciale. Le paradoxe de Karl Popper ne s’applique donc pas à Monsieur Michel : « Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. »

 

5 commentaires

  1. C’est la première fois que je consulte votre blog. Merci pour la peine que vous vous êtes donnés à décortiquer le discours fleuve de M JD Michel.

    J’ai aussi écouté deux interview récents de ce personnage. En fait il affirme, associé à des références déclarées prestigieuses mais n’arguente pas vraiment. Ses développements centrifuges l’amènent a surenchérir que cela en vient désolant de prétentions ridicules.

    Tout le discours est autoritaire.

    Le hic est que le domaine de la santé publique traine tellement de casseroles et collectionne les problèmes irrésolus que JD Michel na pas grande difficultés à citer des points sur lesquels il faut être de bien mauvaise foi pour ne pas être d’accord.

    F. Conne

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